29 mars 2017
Hommage aux morts de la prison

Publié le 27/03/2017
Paris
 

Le mercredi 29 mars 2017 à partir de 17h, le collectif Les Morts de la Prison, auquel appartient le Secours Catholique, organise, pour la septième année consécutive, un rassemblement sur la Place de la Bataille de Stalingrad à Paris.

 

Les différentes associations réunies souhaitent, au travers de cet hommage, mettre en lumière la question de la mort en prison et dénoncer plus particulièrement les conditions dans lesquelles les personnes détenues décèdent chaque année dans nos établissements pénitentiaires, et dans le plus grand des silences.

Un hommage sera rendu aux prisonniers décédés en 2016 par une lecture de leurs noms.

QUAND ? le mercredi 29 mars à partir de 17h

 ? Place de la Bataille de Stalingrad à Paris, métro Jaurès ou Stalingrad, ligne 2

En présence de :

  • Yoana LOPEZ, vice-présidente du Genepi en charge de l’information et de la sensibilisation du public

Lecture des noms des défunts par :

  • Pouria AMIRSAHI, député de la 9e circonscription des français établis hors de France
  • Dany BOUSSEAU, ancienne aumônier à la prison de Fleury-Mérogis
  • Roch-Étienne MIGLIORINO, auteur d’"Infirmier en milieu carcéral" et fondateur du Collectif Les morts de la prison
  • Janusz MROZOWSKI, réalisateur
  • Marc TOURTELIER, secrétaire national de l’association David & Jonathan
 

À propos de la mort en prison

Pour la seule année 2013, 242 décès sous écrou ont été recensés par l’administration pénitentiaire, toutes causes confondues, pour une population moyenne de 77 340 personnes sous écrou ; ce qui donne un taux de mortalité de 31 pour 10 000. La mort, qu’elle survienne à l’issue d’une maladie, de façon naturelle ou d’un suicide, fait indéniablement partie du quotidien carcéral. La question de la mort en prison a des origines complexes et multiples qui sont encore trop souvent minimisées par l’institution carcérale.

Suicides

La question du suicide demeure l’aspect le plus visible de la mort en détention. En effet, le taux de suicide en prison a beaucoup fluctué depuis le milieu du xixe siècle : le taux le plus faible est observé en 1946 (1,4 suicide pour 10 000 personnes écrouées), et le plus élevé en 1996  (26  suicides  pour  10  000).  Outre  les  fluctuations annuelles, on observe des périodes de creux (durant la décennie 1855-1865 et au lendemain de la seconde guerre mondiale) et de pics (durant la décennie 1905-1915, dans le milieu des années 1950, de la fin des années 1990 au début des années 2000).

Au-delà de ces fluctuations, une tendance nette de la progression du taux de suicide en prison se dégage au cours du temps : il est ainsi passé de 5 pour 10 000 en 1852-1855 à 18,5 pour 10 000 pour la période 2005-2010.

Régulièrement réaffirmées comme priorité des politiques pénitentiaires, objets de rapports récurrents et de plans d'actions, les actions de prévention du suicide ne parviennent pas à faire véritablement reculer le phénomène du suicide en prison. Pourtant, une politique de prévention du suicide n'est légitime et efficace que si elle cherche, non à contraindre le détenu à ne pas mourir, mais à le restaurer dans sa dimension de sujet et d'acteur de sa vie.

Morts violentes

Si les homicides en détention sont peu nombreux (entre 2 et 4 par an), ils sont la manifestation extrême de la violence qui règne en prison ; violence entre les personnes détenues ou entre ces dernières et le personnel pénitentiaire.

Facteur d’angoisse et de mal-être en prison la violence carcérale s'explique à travers la déshumanisation et la perte d'identité humaine inhérents à la détention. Cette violence reste non exprimée en raison d'un manque d’espaces d'expression collective en détention.

Vieillissement de la population pénale

Le vieillissement en milieu carcéral s'explique par la pénalisation croissante de certaines infractions et l'augmentation des peines encourues. 3021 personnes détenues, au 1er janvier 2015, sont âgées de 60 ans ou plus (3,9 % du total). Un chiffre multiplié par six en 25 ans.

À ce titre, il convient de s’interroger sur les perspectives offertes aux personnes âgées qui ont passé et/ou qui vont passer encore de nombreuses années en détention, et pour qui l’idée de mort en prison prend toute sa réalité.

Maladies

Derrière les murs, la maladie se fait également prégnante et mène parfois irrémédiablement à la mort de certaines personnes incarcérées. Ces dernières peuvent en effet être victimes d’une longue maladie ou bien se heurter à une prise en charge parfois précaire de leur situation sanitaire, pouvant ainsi fragiliser l’intégrité physique et psychique de la personne détenue.

Crédit Photo : © Xavier de Torres / MaxPPP
Les barreaux d'une prison donnant sur un espace vert
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Prisons et personnes détenues
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