« Posons un regard de confiance sur cette nouvelle année »

Publié le 01/01/2017
 

Confiance et espérance. C'est dans cet esprit que le Secours Catholique-Caritas France entend aborder cette nouvelle année. Une année déterminante en raison, notamment, des échéances électorales à venir. Une année importante aussi pour l'association qui amorce, en 2017, la mise en oeuvre de son nouveau projet national. Un projet stratégique qui permet de continuer à inventer les solutions avec les personnes les plus fragiles de notre société.

 

Une belle et fraternelle nouvelle année !

Par vÉronique Fayet, présidenTE du secours catholique-caritas France

« Une nouvelle année qui commence, c’est aussi une page qui se tourne.

Il faut donc tourner la page de notre 70e anniversaire, mais garder la joie et l’enthousiasme nés de ces belles marches fraternelles organisées à travers toute la France et les Dom-Tom ; garder dans nos cœurs ce goût du partage et de la rencontre qui fonde notre identité.

Tourner la page aussi de l’année de la Miséricorde mais garder notre cœur brûlant car, comme le dit notre pape François, « le moment est venu de donner libre cours à l’imagination de la miséricorde pour faire naître de nombreuses œuvres nouvelles (…) La miséricorde exagère ; elle va toujours plus loin » (Misericordia et misera, pape François, 20 novembre 2016).

Alors posons un regard de confiance sur cette nouvelle année qui commence et que nous souhaitons plus douce, plus juste, plus paisible, pour tous ceux avec qui nous cheminons en France et dans le monde et qui ont tant de choses à nous dire et à partager, comme Olivia qui est restée debout malgré toutes les souffrances traversées.

 

Expérimenter de nouvelles formes de solidarité

 

Aujourd’hui et demain, le moment est venu de bâtir des alliances avec les associations, les institutions et tous les hommes de bonne volonté qui partagent nos valeurs et non seulement désirent, mais témoignent qu’il est possible de vivre ensemble comme des frères.

Oui, le moment est venu d’expérimenter de nouvelles formes de solidarité : dans nos manières de lutter contre la précarité énergétique, ou encore dans l’accueil des plus démunis, comme en témoigne l’initiative Casa Textile créée par l’équipe Young Caritas de Clermont-Ferrand. Et tant d’autres actions portées par nos 67 000 bénévoles qui montrent que l’imagination et la générosité ne manquent pas.

 

Restons pleins d’espérance car des personnes fragiles et pauvres se lèvent et œuvrent avec nous tous pour la transformation du monde.

 

Cette année sera aussi celle d’une importante échéance électorale et il nous revient de créer des ponts entre les futurs responsables de notre pays et les personnes les plus fragiles. Leur expérience, leurs attentes, leur désir de justice doivent être entendus et partagés. Nous devons être les passeurs qui permettent ce dialogue fructueux.

La pauvreté, le chômage, le mal-logement continuent à générer souffrance, isolement et sentiment d’inutilité. Mais nous restons pleins d’espérance car des personnes fragiles et pauvres se lèvent et œuvrent avec nous tous pour la transformation du monde. Oui, à l’impossible nous sommes tenus ! Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera !

Que 2017 soit pour nous tous une belle et fraternelle nouvelle année ! »

 

Projet associatif et national 2016-2025

Au sein du réseau Caritas Internationalis, chaque Caritas se dote d’un cadre stratégique. L’ensemble composé du projet associatif et du projet national 2016-2025 fixe le cadre stratégique du Secours Catholique - Caritas France pour les 10 prochaines années.
Télécharger le projet
 

« Un projet ambitieux et participatif »

2017, c'est aussi la première année de mise en oeuvre du nouveau projet national et associatif du Secours Catholique-Caritas France, qui fixe le cap pour la prochaine décennie.  Un projet stratégique, avec des priorités et des spécificités sur lequelles revient Véronique Fayet, présidente nationale de l’association.

 

Quelle est la particularité de ce nouveau projet stratégique ?

 

Le projet 2016-2025 est très ambitieux, il fixe les changements que nous aimerions accompagner dans la société. Nous sommes là pour changer le monde… Cela paraît prétentieux mais c’est bien notre ambition collective, notre raison de vivre.

Nous avons fait remonter les questions de l’ensemble de notre réseau  (bénévoles et salariés de tous les territoires) : ainsi, ce sont les conseils d’animation, dans chaque délégation, qui ont désigné par ordre de priorité les changements attendus.

Il s’agit donc d’un projet extrêmement participatif. Et il est d’autant plus extraordinaire de voir que la question des savoirs a été particulièrement plébiscitée par les acteurs de l’association : reconnaître les savoirs des personnes en précarité et en faire la base de connaissances et de pratiques nouvelles.

Le réseau n’en ignore pas la difficulté, mais il sait aussi que c’est la seule solution, la condition du changement. En cela, il montre une grande maturité et il se projette dans les dix ans à venir.

 

Reconnaître les savoirs des personnes en précarité et en faire la base de connaissances et de pratiques nouvelles.

 

Quel type d’actions cela implique-t-il ?  

 

Il existe déjà au Secours Catholique des groupes d’action citoyenne, c’est-à-dire des groupes de rencontre entre personnes d’un même territoire qui réfléchissent sur un sujet – en région parisienne, par exemple, ils travaillent beaucoup sur le logement. Ces groupes produisent une vraie réflexion et sont capables d’interpeller les pouvoirs publics, les élus…

L’objectif maintenant est de mieux tirer parti de leur travail : qu’apprend-on de ces groupes d’action ? Comment mieux diffuser leur analyse et méthodologie dans le réseau de manière que, dans chaque délégation, un groupe soit capable d’organiser une prise de parole, un plaidoyer sur les questions de transport, de travail, d’école… ?

 
« Posons un regard de confiance sur cette nouvelle année »
Le groupe d'action citoyenne Les Joyeux Zengagés coordonne la marche contre la pauvreté et pour la dignité à Paris
 
Quelles sont les autres priorités établies par le réseau ?

 

L’un des points fondamentaux est l’accès aux droits. Cela rejoint la nécessité d’agir sur les causes de la pauvreté. Tous les droits sont indivisibles, mais le réseau a placé en premier l’accès au travail et l’accès à l’éducation.

Dans une société où l’on compte 8 millions de chômeurs et, plus largement, où il y a un déficit de travail digne, l’accès à un travail décent est un enjeu majeur. Pour autant, on n’oublie pas le droit au logement ou à la culture.

Autre priorité, les territoires. L’association est très implantée notamment dans des territoires ruraux, abandonnés de tous. On me parle souvent du centre de la Bretagne ou du Morvan, de régions très isolées avec beaucoup de personnes âgées. Le Secours Catholique a fait ces dernières années un important travail sur la mobilité, essentielle pour accéder à un emploi, un logement, pour avoir une vie sociale et culturelle, entre autres.

Enfin, la volonté de développer l’interculturel et l’interreligieux. C’est notre ADN. En tant que chrétiens, nous avons la volonté d’ouvrir le dialogue avec les autres religions et notamment l’Islam.

 

L’accès à un travail décent est un enjeu majeur. Pour autant, on n’oublie pas le droit au logement ou à la culture.

 
« Posons un regard de confiance sur cette nouvelle année »
Des réfugiés en visite au musée Rodin à Paris
 
Ces priorités se déclinent-elles sur le plan international ?

 

Tous ces enjeux sont pensés pour être déclinés aussi à l’international. Nous faisons écho au leitmotiv du pape François qui revendique pour tout homme le droit aux trois “T” : la terre (la question se pose moins en France, puisque nous ne sommes plus dans une société paysanne), le travail et le toit.

Je suis allée récemment au Bangladesh. La question des territoires ou communautés isolés s’y pose avec une acuité particulière, et celle de l’interreligieux tient également une grande place dans ce pays qui compte 0,5 % de chrétiens…

En ce qui concerne la participation des personnes les plus démunies, c’est nous qui avons beaucoup à apprendre d’elles : dans les coopératives de crédit, par exemple, le pouvoir est donné aux villageois, les femmes en particulier jouent un rôle très important. Ces populations vivent dans une grande pauvreté, elles sont souvent illettrées mais tous ont le droit de vote dans la coopérative.

 

Quelle est aujourd’hui la spécificité du Secours Catholique par rapport à d’autres organisations caritatives ?

 

Nous accordons une place très importante à la dimension spirituelle des personnes accueillies et des bénévoles. Je pense par exemple à cette femme accablée de difficultés qui avait poussé la porte d’un accueil de jour. On lui a proposé de partir à Lourdes. Elle a accepté et elle est maintenant bénévole. Cela a été une résurrection, le départ d’un cheminement formidable.

On propose souvent un "voyage de l’Espérance", qui rassemble des personnes en précarité et des bénévoles dans un lieu saint (Lourdes, Jérusalem, le Mont-Saint-Michel…). On ose cette proposition qui est toujours interreligieuse. Chrétiens, musulmans, athées…, tous se retrouvent, redécouvrent la beauté, la paix, la fraternité.

Notre expérience nous montre que la spiritualité est un moteur de transformation personnelle et sociale très puissant.

Marina Bellot
Crédits photos : ©Élodie Perriot / Secours Catholique
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