Traite des êtres humains : Journée de prise de conscience et de prières

Publié le 07/02/2017
France
Traite des êtres humains : Journée de prise de conscience et de prières
 

Ce mercredi 8 février, jour de la Sainte Joséphine Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse, l'Église catholique commémore la Journée internationale de prière et de sensibilisation à la traite des êtres humains. Le Secours Catholique, et le collectif Ensemble contre la traite qu'il anime, agit depuis plusieurs années pour éradiquer ce fléau qui touche des millions de personnes en France et à travers le monde.

 

Le Message de Mgr Jacques Blaquart

Mgr Jacques Blaquart est évêque d'Orléans et président du Conseil pour la solidarité à la Conférence des Evêques de France.

« Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le Pape François n’a eu de cesse de nous interpeller sur un fléau méconnu : « la traite des êtres humains, un crime contre l’humanité ».

En 2015, il fait du 8 février, jour de la Sainte Joséphine Bakhita (une Soudanaise esclave à 9 ans et devenue religieuse en Italie – 1869-1947), la première Journée mondiale de réflexion et de prière sur la traite des êtres humains afin de faire prendre conscience d’un phénomène global qui dépasse la responsabilité de tel ou tel Etat.

Au-delà de déclarations, le pape pose des actes afin que les chrétiens, la société civile et les institutions se rencontrent pour devenir forces de changement. Ainsi il a soutenu la création du Groupe Sainte Marthe associant Églises et polices des différents continents pour lutter contre la traite des personnes.

La Traite, une réalité mal identifiée

En France, la définition de la traite – comme sa réalité sur notre sol – est très mal identifiée. On pense souvent qu’il s’agit d’un phénomène d’un autre temps ou existant loin de chez nous, sur d’autres continents.
 
La traite des êtres humains est le fait de recruter, héberger ou déplacer une personne d’un endroit à un autre, dans le même pays, ou dans un autre dans le but de l’exploiter pour en retirer un bénéfice.

La victime est le plus souvent trompée, enlevée, vendue, contrainte par des violences physiques, morales et psychologiques. Les formes d’exploitation subies varient : travail forcé, exploitation sexuelle, esclavage domestique, mariage forcé, obligation de mendier, contrainte à voler et commettre d’autres délits, trafics d’organe, enfants soldats… et de nouvelles formes apparaissent avec l’évolution du terrorisme.

TOUS les enfants doivent être protégés de la traite dans ses différentes formes

À l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié du 15 janvier 2017, le Pape appelle tout particulièrement à être attentif aux « mineurs migrants et sans voix », et à « l’exploitation perpétrée par des gens sans scrupules aux dépens de nombreux enfants contraints à la prostitution ou pris dans le circuit de la pornographie, asservis dans le travail des mineurs ou enrôlés comme soldats, avec le risque de se retrouver seuls et abandonnés. »

Récemment, en France, le démantèlement du bidonville de Calais est venu mettre en évidence les réalités dégradées des conditions d’accueil et de vie des mineurs non accompagnés.
 
Les associations du collectif Ensemble contre la traite des êtres humains sont choquées par le caractère dérogatoire à la protection de l’enfance du dispositif de centres d’accueil et d’orientation (CAOMI) sur l’ensemble du territoire français, pour 1700 mineurs privés temporairement ou définitivement de la protection de leur famille. Le Collectif  rappelle que les mineurs isolés, non accompagnés, non protégés, sont vulnérables aux situations d’exploitation et de traite. »
 

Lire l'intégralité du message de Mgr Blaquart sur www.eglise.catholique.fr

 

#INVISIBLES : le film

#INVISIBLES est basé sur des faits réels. L'objectif de ce court métrage d'une quinzaine de minutes réalisé par Guido Freddi mélant acteurs professionnels et amateurs, est de briser le tabou de la traite et l’exploitation des mineurs aujourd’hui en France. Le film raconte l'histoire de 5 enfants victimes de traite au sein de la société française :  esclavage domestique, exploitation sexuelle, mendicité...

 
Traite des êtres humains : Journée de prise de conscience et de prières
#INVISIBLES
Un court-métrage pour dénoncer la traite des mineurs
 

Olivia ou La parole d'une invisible

Tombée à 13 ans en esclavage domestique, Olivia a vécu neuf ans en France sans existence juridique. Maltraitée, torturée, elle a eu la force de surmonter d’effroyables épreuves avant de se reconstruire et vouer sa vie à la lutte contre le fléau dont elle a été victime.

Jacques Duffaut.
Crédits photos : ©MaxPPP; © Gaël Kerbaol / Secours Catholique
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