Un accompagnement bien plus que scolaire

Publié le 02/01/2017
Albi
Un accompagnement bien plus que scolaire
 

Dans un quartier populaire d’Albi (Tarn), une vingtaine de bénévoles du Secours Catholique aident des élèves du primaire à faire leurs devoirs. En réalité, leur rôle va bien au delà.

En partie classé “zone urbaine sensible“ (ZUS), le quartier de Cantepau, au nord-est d’Albi, est plutôt paisible, propre et agréable. Le chômage y est très élevé et 80 % des enfants entrent à l’école sans parler le français. Les familles étrangères sont majoritaires dans cet ensemble de 2 000 logements sociaux d’où les mères sortent peu.

« S’il n’y avait pas l’accompagnement scolaire du Secours Catholique, elles ne viendraient pas à la Maison de quartier », assure Mark Trémoulière, son directeur. La Maison de quartier Cantepau propose quantité d’activités culturelles et sportives. Cette ruche associative permet au Secours Catholique d’accueillir trois fois par semaine des élèves de 6 à 10 ans pour une heure et demie d’aide aux devoirs. 20 bénévoles de 17 à 82 ans assurent ce service avec assiduité.

Une aide aux devoirs « qui ne doit être une contrainte ni pour l’enfant ni pour le bénévole », précise Anne-Marie Gayrard, responsable de l’activité. Anne-Marie Gayrard coordonne les équipes de l’accompagnement scolaire de tout le département. Chaque bénévole doit être compétent et suivre une formation définissant la manière d’aborder cette activité auprès d’enfants majoritairement étrangers et de confession musulmane.

Sur le millier de bénévoles que compte la délégation Tarn/Aveyron du Secours Catholique, une centaine font de l’accompagnement scolaire, depuis le CE1 jusqu’en troisième.
 

L'aide aux devoirs ne doit être une contrainte ni pour l’enfant ni pour le bénévole.

Anne-Marie Gayrard.

Comme tous les lundis, mardis et jeudis de 16h30 à 17h, les enfants du quartier Cantepau accourent des deux écoles primaires voisines. Leurs pépiements de joie les précèdent. Lorsqu’ils entrent dans la grande salle, le silence se fait. Le lieu sert habituellement d’atelier de danse, un miroir tapisse l’un des murs. Les bénévoles ont déplié des tables et des chaises. Chaque enfant prend place à côté d’un adulte et, à mi-voix, il annonce les devoirs du jour.

 

Ces bénévoles éprouvent une passion pour cet échange avec les enfants qu’ils espèrent guider sur la voie de la connaissance, du cœur et de l’esprit. Quand on les interroge, tous disent leur besoin de donner, de transmettre des valeurs.

Jeannine Delmas et Liliane Remuaux, après des vies professionnelles intenses, ont voulu consacrer leur retraite aux enfants. Patricia Barry, femme de militaire, a élevé les siens jusqu’à leur envol du nid familial. Elle poursuit ici sa vocation de mère. « Depuis trois ans, j’apporte et je reçois beaucoup, dit-elle. De plus, l’ambiance au sein de l’équipe bénévole est excellente. »

grand frère

Conscient de l’importance de réussir ses premières années scolaires, Aïssa, 24 ans, a lui aussi proposé d’apporter son aide. Éducateur nouvellement breveté, Aïssa est stagiaire auprès du directeur de la Maison de quartier. Pour les enfants, il fait figure de grand frère et d’exemple.« L’éducation est primordiale, estime-t-il, surtout quand on est étranger. Les parents ont des difficultés et les enfants en pâtissent. En étant auprès de ces gamins, j’ai l’impression d’être utile et de transmettre quelque chose. »

 

À 18 heures, les parents guettent la sortie. Quand il fait beau, ils attendent dans le vaste parc qui entoure la maison. En hiver, ils se réfugient dans la bibliothèque.

Ce soir, c’est le père d’Hana et Nadir, 7 et 9 ans, qui vient les chercher. Medjahed Benhenni est plaquiste et vit depuis quinze ans dans le quartier. « Mes quatre enfants sont tous passés par ici, dit-il. La plus grande est aujourd’hui à la fac. Ici, c’est plus qu’une éducation scolaire que les enfants reçoivent, c’est une éducation générale. »

Cet accompagnement scolaire contribue à la politique sociale du directeur de la Maison de quartier : « Faire se rencontrer deux mondes qui ne se rencontraient pas. »

Jacques Duffaut
Crédits photos : ©Sébastien Le Clézio / Secours Catholique
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