Aux fourneaux de La Gautrèche, cité du Secours Catholique dans le Maine-et-Loire, Camille [1] prépare le déjeuner. À 20 ans, la jeune fille n’a jamais travaillé ni suivi de formation. « J’ai arrêté ma scolarité en troisième », précise-t-elle. Il y a deux ans, Camille était sans domicile fixe. « Je n’arrivais plus à vivre avec mon père, raconte-t-elle. Alors j’ai quitté la maison. » À force d’appels téléphoniques au 115 (Samu social), elle logera neuf mois durant au centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de La Gautrèche. « Je me suis aperçue que j’avais fait une grosse erreur en quittant le domicile parental, confie-t-elle. La rue, c’était vraiment trop difficile. » Camille vit désormais chez son [?]compagnon. Grâce à sa formation à La Gautrèche, elle perçoit une rémunération de 358 euros versée par le conseil régional des Pays de la Loire.
Vivre à la rue a eu l’effet d’un électrochoc pour la jeune fille. Elle a pris conscience de l’importance de trouver un emploi. C’est pourquoi elle suit depuis trois mois le programme d’orientation du centre de formation de La Gautrèche. « Nous proposons aux jeunes de 18 à 25 ans une remise à niveau, la découverte du monde professionnel, ainsi qu’une activité technique dans la restauration ou le bâtiment, explique Michelle Sibelot, formatrice. Nous repérons les freins à leur évolution professionnelle et travaillons à les lever. »
Camille participe à l’atelier de restauration. Non pas qu’elle rêve de travailler dans ce secteur, mais cela lui permet d’acquérir plus d’assurance et un comportement professionnel. « Cette formation m’aide beaucoup, notamment en m’inculquant un rythme de travail. Par ailleurs, j’étais d’une timidité maladive avant d’arriver à La Gautrèche. Aujourd’hui, j’ai repris confiance en moi », affirme-t-elle en souriant. Camille compte bien trouver, par la suite, une formation pré-qualifiante dans le domaine de la vente.
Clémence Richard

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