Revenir à l’accueil de la rubrique

Le pied à l’étrier pour les jeunes d’Épinal

08/11/2011

Le Secours Catholique des Vosges offre des bases aux jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Il est 8h45 à Épinal. Les bénévoles des Ateliers d’insertion du Secours Catholique des Vosges arrivent. Ponctuelle, Élodie, 21 ans, attend devant la porte depuis déjà quelques minutes. À 9 heures, trois jeunes entre 18 et 25 ans la rejoignent. « Ce sont des personnes éloignées de l’emploi qui ont des difficultés sociales », explique Farida, conseillère à la Mission locale d’Épinal. Cette association travaille en collaboration avec le Secours Catholique depuis plus de dix ans. Elle dirige les jeunes sans diplôme ni formation vers les Ateliers d’insertion, « première marche vers l’emploi ».

Couture, menuiserie, peinture, jardinage, cuisine… Les ateliers n’ont pas vocation à former à un métier, mais proposent plutôt d’apprendre à connaître le monde professionnel. Exemple : « Les jeunes savent enfin ce qu’est un contrat de travail. Ils apprennent à respecter des horaires et peuvent même gagner un peu d’argent », explique Bernard Michel, bénévole responsable des Ateliers d’insertion. Le Secours Catholique n’étant pas autorisé à embaucher ces jeunes, ces derniers signent un contrat de travail avec une association locale, Emploi Services. Ils sont payés au Smic pour une dizaine d’heures hebdomadaires de travail. S. Le CLEZIO / S.C. Par ailleurs, les bénévoles rencontrent individuellement chaque jeune une fois par semaine, et une fois par mois avec la Mission locale, afin de faire le point sur leur projet professionnel. «  Je me sens bien ici, témoigne Élodie. Je décompresse et c’est un soutien considérable pour moi. » Dans le local de l’atelier de menuiserie, la jeune femme s’active à restaurer un meuble. Outils en main, elle ne semble pas gênée d’être la seule femme dans cet univers masculin. Ce qui pourtant lui ferme des portes dans le milieu du bâtiment, estime-t-elle. « J’ai déjà contacté de nombreuses entreprises de peinture, mais souvent on me raccroche au nez. Peut-être parce que je suis jeune, mais je pense surtout que c’est parce que je suis une femme », relate-t-elle avec dépit. L’obtention d’un certificat de formation générale et l’expérience d’une multitude de formations et stages ne suffisent pas. La jeune fille cherche un emploi depuis un an. Elle n’a aucun revenu et doit compter sur l’allocation adulte handicapé de sa mère chez qui elle vit en logement social. Grâce aux Ateliers d’insertion, elle perçoit maintenant jusqu’à 300 euros par mois, ce qui lui permet de participer aux dépenses familiales. Par ailleurs, elle a enfin pu passer son Code de la route.

Comme 60 % des jeunes qui travaillent aux Ateliers d’insertion, Élodie a trouvé une formation qualifiante. « J’espère qu’à l’issue de cette formation je n’aurai pas besoin de revenir aux ateliers d’insertion », plaisante-t-elle. La jeune fille rêve de devenir peintre en bâtiment.

Clémence Richard

Laisser un commentaire


Un modérateur est susceptible de ne pas publier toute contribution qui ne serait pas en relation avec le thème de l’article, la ligne éditoriale du site, ou qui serait contraire à la loi. Vous ne pouvez pas indiquer de lien vers des sites Web ni dépasser 800 caractères. Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression de vos contributions.
Une question ? Utilisez le formulaire de contact pour recevoir une réponse.

Qui êtes-vous ? (optionnel)
Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • * Champs obligatoires