Revenir à l’accueil de la rubrique

Présentation des statistiques

08/11/2011

« Jeunes, une génération précaire »

Comme chaque année depuis 1995, le Secours Catholique publie son analyse statistique de la pauvreté en France, sur la base des situations rencontrées dans ses accueils. Notre rapport statistique montre qu’en 2010, la situation des personnes les plus en difficulté a continué à se dégrader. Il s’agit, en particulier, des familles avec enfants, qui souffrent le plus de la crise économique.

Nous constatons également la persistance de la solitude de ces personnes rencontrées. Cette remarque donne une grande actualité au thème de la Grande cause nationale cette année 2011 : la solitude.

Les personnes rencontrées par le Secours Catholique sont d’année en année plus éloignées de l’emploi. Cela indique la persistance dans la population française d’un nombre important de personnes qui n’arrivent pas à s’insérer globalement, malgré les politiques mises en œuvre et alors que le niveau de formation des personnes rencontrées progresse.

L’origine des ressources varie peu d’une année sur l’autre, même si l’on constate une nette augmentation des bénéficiaires du RSA : près de 35 % des personnes reçues le perçoivent. Malheureusement, une bonne partie des personnes accueillies qui pourraient en être bénéficiaires ne le demandent pas, faute d’information rassurante concernant les effets du RSA sur d’autres prestations liées au logement, et par crainte d’un effet stigmatisant.

Signe évident de la persistance des difficultés, l’augmentation de la demande alimentaire en 2010 montre que le reste à vivre, le solde restant après toutes les dépenses contraintes, ne cesse de se réduire. C’est pour nous une donnée fondamentale, qui pose une vraie question de société.

La deuxième partie de notre rapport s’attache à décrire la population des jeunes, à partir des dossiers d’accueil au Secours Catholique. Nous constatons que le risque de pauvreté des jeunes est plus élevé que celui des plus âgés. La pauvreté des jeunes est aussi celle de leurs familles. Ce n’est pas une surprise, mais il faut indiquer que les jeunes en difficulté viennent fortement de familles en difficulté. Or, ceux qui ne peuvent pas prendre leur indépendance restent à l’intérieur de leur famille. La présence de ces jeunes, ne générant plus d’allocations familiales et d’aide spécifique, devient un poids très important pour les familles en difficulté. C’est pourquoi il nous paraît indispensable, aujourd’hui, de maintenir les prestations familiales jusqu’aux 20 ans du dernier enfant rattaché au foyer.

L’ensemble des données recueillies montre l’extrême précarité de la situation des jeunes, qu’il s’agisse de leur logement, de leur niveau de formation, du montant des dettes ou du découvert bancaire. Les contrats de travail ne leur permettent pas de boucler leurs fins de mois. Dans notre échantillon, près d’un tiers des jeunes sont en réalité sans aucunes ressources. C’est pourquoi nous demandons aussi la création d’une allocation de soutien à l’autonomie des jeunes et l’extension du RSA activité à tous les jeunes en situation de travail dès 18 ans.

La typologie à laquelle nous sommes arrivés, qui distingue entre les jeunes en extrême pauvreté, ceux en recherche d’emploi, les jeunes mères bénéficiaires du RSA, les jeunes de familles étrangères, permet d’introduire une différence importante dans le mode de traitement de la situation des jeunes. Les 17 propositions que nous faisons en fin de dossier tiennent compte de ces spécificités. L’évolution de la précarité des jeunes depuis dix ans permet, là aussi, de voir dans quelle mesure les politiques mises en œuvre doivent pouvoir être réajustées.

Il apparaît enfin, dans l’ensemble de nos données, que la situation du jeune s’améliore très sensiblement lorsqu’il franchit 25 ans. On le voit sur la situation du logement, dans les ressources perçues, et de manière un peu moins nette pour l’emploi. Sans doute est-ce dû au fait que, passés 25 ans, ces jeunes peuvent être en couple et donc disposer à deux de ressources plus importantes que lorsqu’ils vivent seuls.

En définitive, ce rapport ne peut apporter des réponses, mais il montre la nécessité d’investir de manière spécifique cette catégorie de personnes qui porte en elle l’avenir de notre société. Cette préoccupation sera-t-elle présente dans la campagne électorale ?

Laisser un commentaire


Un modérateur est susceptible de ne pas publier toute contribution qui ne serait pas en relation avec le thème de l’article, la ligne éditoriale du site, ou qui serait contraire à la loi. Vous ne pouvez pas indiquer de lien vers des sites Web ni dépasser 800 caractères. Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression de vos contributions.
Une question ? Utilisez le formulaire de contact pour recevoir une réponse.

Qui êtes-vous ? (optionnel)
Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • * Champs obligatoires