Enclavé entre de vertes collines et des rizières en terrasse, le village d’Hilimbaruzo n’a pas été épargné par le tremblement de terre qui a frappé le 28 mars 2005 l’île de Nias, située à l’ouest de Sumatra. Avant l’évènement tragique, la petite bourgade vivait paisiblement du commerce du riz. Tous les jours, les villageois descendaient à Gomo sur la côte sud-est de l’île, pour y vendre le fruit de leur labeur. Mais depuis, leur vie a changé. « Lorsque le tremblement de terre est survenu, jamais nous ne nous sommes sentis aussi isolés, explique le chef du village. Nous avons mis plusieurs jours avant de descendre à Gomo, de peur qu’une nouvelle secousse ne nous frappe. On ne veut plus jamais revivre ça. »
Leur principale requête : la construction d’une route de 9 km reliant Hilimbaruzo à Gomo. Sous la houlette de la Caritas diocésaine de Nias, les gros œuvres ont déjà été effectués. Reste à goudronner et à trouver une solution pour les pierres tombales présentes sur le tracé de la future route. « Les villageois sont très exigeants, explique le Père Raymond, un missionnaire d’exception. Non seulement ils voudraient que la route soit déjà terminée, mais en plus, ils aimeraient qu’une piste d’atterrissage d’hélicoptère soit construite, en cas d’évacuation d’urgence. Cette attente peut faire croire à du délire vu de l’extérieur, mais certainement pas pour les victimes du séisme. »
Ces espérances desservent leur cause. Car tout ça a un prix. Depuis plusieurs semaines, les travaux sont à l’arrêt. Certains donateurs envoient des experts pour étudier la faisabilité de cette route. « Le réseau Caritas a déjà été très généreux pour ce projet, explique le père Raymond. Il est normal qu’ils analysent plus précisément ce dessein ambitieux pour y réinjecter des fonds. »
À l’évidence, les 9 km d’asphalte qui rejoindront Hilimbaruzo à Gomo donneront un nouveau sens à la vie des villageois. Une ouverture sur le monde. Fort de sa détermination, le père Raymond prédit que d’ici fin 2007, Irimbaruzo sera accessible en voiture. Parole d’abbé contre parole d’expert ? |
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Le village d’Hilimbaruzo, frappé par un tremblement de terre en mars 2005
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