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Sumatra - Les enjeux de Singkil
mise en ligne : 18-04-2007

Le 28 mars 2005, le sol de la ville de Singkil s’est enfoncé de quatre mètres. Après un séisme d’une magnitude de 8,7 sur l’échelle de Richter, de nombreux habitants de cette petite bourgade de pêcheurs au sud de Sumatra ont vu leurs maisons sur pilotis s’enfoncer dans les flots.

Trois villages de la commune, parmi les plus touches par la catastrophe, font aujourd’hui l’objet d’un plan de relogement financé aux 3/4 par le Secours Catholique et mis en œuvre sur le terrain par Caritas Suisse. Ce programme* prévoit le déplacement de tous leurs habitants vers de nouvelles maisons –construites par les habitants dans un terrain non inondable. Pour Simon Salman, chef du projet, le choix d’investir les victimes dans la reconstruction de leurs habitations s’est avéré être un défi de taille : « Nous pensons qu’il est très important que les gens s’engagent personnellement, afin que les maisons deviennent vraiment les leurs. Mais cela prend du temps. Ici le niveau d’éducation est très bas. Il faut former les gens, afin qu’il construisent selon certains standards de durabilité, et de qualité. »

À Singkil, Caritas Suisse a fait le choix de construire avec du bois, un matériau traditionnellement utilisé par les pêcheurs du village, et qui possède d’excellentes propriétés antisismiques. « C’est important dans une région comme celle-ci, explique Claudius Scholer, chef de projets de Caritas Suisse pour la région d’Aceh Sumatra. Les tremblements de terre sont fréquents. La prévention des catastrophes à venir est donc une des priorités de la reconstruction. »
Une priorité parfois difficile à mettre en oeuvre… À Singkil, l’utilisation de bois local pour les maisons de Caritas a soulevé des questions environnementales : « La déforestation est un vrai problème ici. Il y a énormément de trafic de bois, parfois avec l’aval des autorités locales, pour la plupart corrompues. Il est souvent dur de savoir si le bois qu’on achète, n’a pas été coupé en toute illégalité. »

La corruption, un fléau qui touche tous les niveaux de l’administration indonésienne, et avec laquelle Caritas Suisse a dû apprendre à compter. Avant de pouvoir commencer la reconstruction, Simon Salman s’est engagé dans un véritable bras de fer avec le pouvoir local. Durant les deux dernières années, obtenir matériaux, terrain et infrastructures adaptées –pour construire les routes qui mènent au nouveau village- a été un combat quotidien : « Ici la corruption est un mode de fonctionnement quotidien, explique Simon Salman. Alors quand on veut travailler autrement, il faut s’attendre à rencontrer de nombreuses difficultés. »

* Construction de 560 maisons, d’infrastructures (écoles, centres communautaires) et de l’assainissement

crédit : A. Perol
Trois villages font aujourd’hui l’objet d’un plan de relogement financé aux 3/4 par le Secours Catholique



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