Le 28 mai 2008 Le Secours Catholique qui a activement participé aux travaux de préparation du « Grenelle de l’insertion » se félicite de la procédure qui a été employée, mettant autour de la même table, la plupart des acteurs de la vie économique et sociale.
Il se félicite également que l’accompagnement des personnes soit au cœur de l’action à mener, mais il s’interroge sur la façon dont le service public de l’emploi (SPE) pourra prendre en compte les personnes les plus éloignées du travail, celles qu’il reçoit dans ses accueils.
Par ailleurs, le Secours Catholique s’étonne de la contradiction entre la volonté d’imposer des contraintes fortes aux chômeurs et la nécessité, dans bien des cas, de « prendre du temps » pour permettre une réelle insertion. Il rappelle que l’insertion économique n’est pas efficace si l’insertion sociale ne l’accompagne pas. Or le SPE portant essentiellement sur une approche « emploi », on peut craindre que l’accompagnement social soit négligé. L’action du référent unique au sein du SPE, si elle est fondamentale, pourrait ne pas être suffisante pour les personnes les plus en difficulté.
Le Secours Catholique prend acte des volontés exprimées. Il attend qu’un calendrier précis de mise en œuvre soit arrêté et que des implications budgétaires soient connues, pour pouvoir se prononcer sur cet ensemble de propositions. En particulier, il est indispensable que les dispositifs actuellement existants ne soient pas remis en cause, ce qui mettrait immanquablement les structures d’insertion –et tout particulièrement les associations et chantiers d’insertion comme nous le rappelle le réseau du Secours Catholique « Tissons la solidarité »- devant des difficultés financières lourdes de conséquences.
La volonté d’associer les usagers répond aux orientations du Secours Catholique de travailler non seulement pour les plus pauvres, mais surtout avec eux.
Compte tenu de la situation individuelle des personnes qu’il accueille, le Secours Catholique estime important que les salariés en insertion puissent disposer, quand cela est nécessaire et possible, d’une durée d’emploi plus longue que les 24 mois retenus dans la « feuille de route », voire notoirement plus durable. La durée du travail doit garantir la stabilité et un niveau certain et digne de rémunération des salariés, les temps de travail et de formation étant inclus dans la durée contractuelle de travail et rémunérés comme tels.
Le Secours Catholique se félicite des travaux du « Grenelle de l’insertion » mais reste vigilant sur ses applications. |