Paris, le 15 mai 2009 Le conflit au Sri Lanka a pris une tournure particulièrement dramatique depuis le début du mois d’avril, avec plus de 170 000 personnes déplacées dans le Nord du pays, placées dans des camps, et toujours 60 000 personnes piégées au Vanni. Le Secours Catholique-Caritas France, mobilisé depuis le début de la crise aux côtés de Caritas Sri Lanka, l’une des seules organisations à pouvoir entrer dans les camps, demande notamment l’ouverture en urgence de couloirs humanitaires.
Depuis le début de la crise humanitaire, Caritas Sri Lanka est engagée sur le terrain avec ses équipes, dans les diocèses de Mannar, Jaffna, et Trincomalee, et apporte de l’aide aux déplacés qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles dans les différents camps mis en place par le gouvernement. Son action est orientée principalement vers l’appui psychologique, notamment aux femmes et aux très nombreux enfants, la distribution de vêtements et de kits d’hygiène. Une collaboration est aussi menée avec le Programme Alimentaire Mondial pour apporter un complément alimentaire et cuisiner les repas qui sont distribués dans les camps.
Partenaire privilégié et de longue date de Caritas Sri Lanka, le Secours Catholique-Caritas France a décidé de renforcer son engagement dans les prochaines semaines afin de pouvoir apporter toute l’aide nécessaire aux déplacés, et d’aller ainsi au-delà des 30 000 personnes actuellement prises en charge. Pour cela, le Secours Catholique va mettre ses ressources, ses compétences, et son expertise à la disposition de Caritas Sri Lanka.
Selon les informations du Secours Catholique-Caritas France, sur les dizaines de milliers de personnes arrivées à Vavuniya ces quatre derniers mois, seule la moitié a été enregistrée. Ce rythme particulièrement lent est lié aux interrogatoires menés par l’armée, auxquels sont systématiquement soumis les hommes, les femmes, et les adolescents, afin de s’assurer qu’ils n’appartiennent pas au LTTE. A Jaffna, sur les 11 800 déplacés, une centaine a été emmenée dans les camps de réhabilitation pour interrogatoire plus poussé, 3000 à Vavuniya. Ces interrogatoires suscitent des inquiétudes du fait de nombreuses disparitions signalées par des familles dans les différents camps.
Par ailleurs, conscient des difficultés majeures auxquelles sont confrontés les acteurs humanitaires sur place et de l’ampleur des besoins des populations victimes, le Secours Catholique demande au gouvernement sri lankais :
• de permettre un accès inconditionnel aux camps de déplacés aux agences humanitaires
• de rouvrir la route nationale A9 permettant de rejoindre les zones où sont les déplacés et de garantir son libre accès aux humanitaires
• d’octroyer des documents d’identité aux déplacés rapidement et sans interrogatoire
• de proposer au plus tôt un plan de réhabilitation intégrant les possibilités de coopération des ONG pour répondre au plus vite aux besoins essentiels des déplacés
Le Secours Catholique poursuit son appel au don :
Secours Catholique BP 455 - 75007 Paris
Mention : « Urgence Sri Lanka » |