| mise en ligne : 31-10-2006 |
Mandaté par la Délégation Départementale de l’Elevage pour procéder à la vaccination du bétail dans le camp de Farchana et les villages environnants, le Secadev a effectué cette opération, avec quelques contretemps, du 26 au 30 octobre. Certains des réfugiés venus du Darfour sont arrivés jusque dans les camps avec leur bétail, affaibli, malade, porteur de germes et vecteur de contamination pour le cheptel tchadien. En complément de la campagne nationale déjà partiellement assurée par les organisations non gouvernementales telles que le Secadev, les programmes d’urgence ont pris en compte cette nouvelle donne et programmé des vaccinations dans les camps pour les animaux des bénéficiaires soudanais. Vaches, volaille, chèvres, moutons ou chevaux, toutes les espèces sont concernées par l’opération qui vient d’avoir lieu au camp de Farchana par quelques agents d’état venus vacciner dans le cadre de la campagne organisée par le Secadev, gestionnaire du camp.
Après plusieurs reports en attendant l’avis favorable de la Délégation de l’Elevage, les opérations pouvait enfin démarrer mi-octobre avec l’arrivée des agents vaccinateurs de l’Etat, appuis techniques sur le terrain ! Il ne restait pour le secteur Elevage qu’à sensibiliser les bénéficiaires, ce qui a été aussitôt fait dans le camp, puis à commencer l’activité avec les réfugiés le 19 octobre. Mais à la veille de l’opération, le Sous- préfet s’y est opposé au motif d’un désaccord sur le programme à suivre. La campagne de vaccination 2006 devait en effet normalement être menée conjointement dans cette zone par Oxfam (pour la population autochtone) et le Secadev (au camp de Farchana et dans un rayon de 15 km autour environ). Diverses difficultés rencontrées par Oxfam l’ont contraint à abandonner son programme. Le Sous-Préfet souhaitait donc qu’Oxfam remette ses vaccins au Secadev qui pouvait, selon lui, se substituer à l’ONG défaillante et étendre son champ d’intervention à toute la zone. Mais le temps imparti et les frais engagés dépassent de loin le budget prévu par le Secadev pour cette mission. Etre partenaire local de longue date comporte ses avantages (meilleure connaissance du terrain et des acteurs institutionnels notamment) et malheureusement ses inconvénients (dont celui d’être soumis, comme dans le cas présent, à des attentes plus contraignantes, voire coercitives, de la part des autorités locales !)
L’arrivée depuis Abéché du Chef du Secteur Elevage (administration d’Etat) samedi 21 octobre a finalement permis de débloquer la situation, en ouvrant au moins la possibilité de commencer la vaccination dans le camp, sans préjudices des décisions à suivre pour le reste de la zone normalement dévolue à la charge d’Oxfam… Les fêtes de fin de ramadan achevée, les opérations ont finalement pu débuter à Farchana jeudi 26 octobre… Alors même, selon le superviseur en élevage, que les petits ruminants commençaient à être attaqués par la pasteurellose et que le secteur s’était mobilisé dès la semaine précédente pour dispenser les traitements curatifs.
Effectuée pour la deuxième année consécutive au sein du camp, la campagne de vaccination a connu un succès appréciable au sein de la population réfugiée, mise en confiance par le travail de sensibilisation préalablement effectué par les agents du secteur élevage du Secadev. Contre un peu plus 400 têtes de bétails vaccinées l’an dernier, ce sont en 2006 près de 1200 animaux que leurs propriétaires ont amenés spontanément sur les différents points d’interventions répartis chaque jour dans le camp. Gamar Abar Abdallah est ainsi venu faire vacciner son cheval et son âne. L’an dernier, explique-t-il, ses bêtes étaient encore près de la frontière. « Mais cette année, le chef de bloc m’a prévenu il y a trois jours que les agents vétérinaires se trouveraient là aujourd’hui. Alors je suis venu pour les protéger des maladies, parce que j’en ai besoin pour me déplacer, mais aussi pour transporter le bois ou le ravitaillement, et que je ne voudrais pas les perdre alors qu’on nous propose de les vacciner ! »
Par Ilyade DJIRAMADJI & Thibault MAYAUD |