| mise en ligne : 25-11-2006 |
Si les camps des réfugiés sont installés loin de la frontière (généralement 50 à 60 km environ), c’est pour les mettre à l’abri des exactions qu’ils ont fuies. Mais c’est aussi, en respect de leur caractère humanitaire et strictement civil, pour éviter qu’ils ne servent de base arrière aux soldats armés, de quelque bord qu’ils soient. Ouré Cassoni, le camp le plus au nord des douze camps du Tchad, proche de la localité de Bahaï et surtout à moins de dix kilomètres de la frontière soudano-tchadienne, pose aujourd’hui ce problème avec acuité. Suréquipés en armes, les rebelles assimilés aux réfugiés y font planer un climat d’insécurité tel que certains des acteurs locaux de l’humanitaire ont récemment décidé de mettre un terme (au moins provisoire) à leur activité. Quant au HCR, pour couper court aux risques que représente un camp si proche de la frontière, il a décidé son transfert vers l’intérieur du territoire tchadien.
Quoique moins cruciale, cette problématique n’est toutefois pas complètement absente des autres camps ! Détention illégale d’armes de guerre, agressions contre les agents de sécurité… Les comportements de certains réfugiés y sont aussi de nature à créer l’insécurité. Ce constat est à l’origine d’une visite dans les camps de Kounoungou et Milé de Jorge Holly, nouveau chef de bureau HCR de Guéréda, accompagné des autorités administratives et militaires et de quelques responsables d’ONG, dans le but de sensibiliser les cheiks des réfugiés, responsables de chaque zone au camp.
Deux faits sont à l’origine de cette mission : la découverte d’une arme de guerre chez un réfugié à Kounoungou, puis celle de deux réfugiés en pleine transaction de munitions et de tenues militaires par les forces de sécurité. Ces cas prouvent que des armes circulent dans les camps en violation des règlements et statuts auxquels sont soumis les réfugiés. « Nous vous avons dit depuis la frontière que les militaires ne bénéficient du statut de réfugié que s’ils se désengagent de leur fonction. Celui qui est pris avec une arme ici est en violation de nos textes », répète aux cheiks à cette occasion le chef de bureau du HCR. Abondant dans ce sens, le Secrétaire général de la préfecture de Dar Tama rappelle aux réfugiés le devoir de respect des lois du pays d’accueil et demande aux cheiks de dénoncer tous ceux qui détiennent des armes.
Au camp de Milé, ce sont les forces de sécurité qui se plaignent de l’attitude de certains réfugiés qui les narguent voire les agressent chaque fois qu’ils interviennent pour mettre de l’ordre quand il y a des bagarres ou d’autres actions tendant à troubler l’ordre public. La mission avait ici aussi pour but d’inviter les cheiks à attirer l’attention de leurs compatriotes contre cette attitude de provocation face à l’autorité de l’Etat, et de les inviter à un plus grand respect des lois de ceux qui les accueillent.
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