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Service gagnant pour le secteur distribution
TCHAD


mise en ligne : 25-11-2006

La distribution des vivres dans un camp de réfugiés peut sembler une activité redondante et fastidieuse… Il n’en est rien quand l’équipe en charge de cette activité met toute son énergie au profit d’une efficacité renforcée et d’un service optimisé pour le plus grand bénéfice des réfugiés. C’est le cas au camp de Farchana !

« Avant, il y a seulement 8 mois, affirme avec une juste fierté Honoré Watade Nadjidjim, superviseur Secadev du secteur distribution au camp de Farchana, la distribution mensuelle de vivres s’étalait sur 5 jours, alors que le nombre de réfugiés dans le camp tournait autour de 17.000. Le nombre de bénéficiaires n’a cessé d’augmenter pour atteindre environ 18.500 aujourd’hui, et nous ne mettons pourtant plus que deux jours et demi pour procéder à cette opération ! » Cette efficacité d’exécution est notamment possible grâce à une programmation des blocs qui s’est affinée avec le temps. Le camp est divisé en 26 blocs (de A à Z) et la zone de distribution en quatre couloirs : la juste répartition des blocs sur chaque couloir permet d’avoir un flux de bénéficiaires constant et équilibré tout au long de la distribution. Cette rationalisation permet à tout le monde de gagner du temps, de la fatigue et de limiter les pertes aussi, c’est une opération dont chacun sort gagnant ! « Nous faisons appel à 56 agents distributeurs chaque mois, ajoute Honoré. 28 Tchadiens recrutés parmi les villages alentours, 28 réfugiés issus de la population du camp. Ils sont rémunérés au forfait pour la distribution [30.000 CFA -45€- par agent tchadien, 8.000 CFA -12€- par réfugié]. Eux aussi ont donc intérêt à ce que cette opération mensuelle soit bien faite, dans le délai le plus bref ! »

L’efficacité des agents, un bénéfice partagé

C’est bien l’avis d’Adam Jumah Mahamat. Pour sa quatrième distribution comme agent, ce réfugié chargé de l’attribution du blé estime que plus les gens autour de lui sont motivés et plus efficace est la distribution. « Hier pour le démarrage, explique-t-il, il y avait un problème de mise en route, les passages étaient un peu trop lents, ça nous a perturbés. Tandis qu’aujourd’hui, tout se passe bien, et nous aurons probablement terminé demain comme prévu. »

C’est également le sentiment de Djumah Ahmat Haroun. Cheik de la zone Z, membre du comité de distribution, il assiste à chaque distribution pour faire le lien entre les réfugiés bénéficiaires et tous ceux qui organisent cette distribution mensuelle. « En tant que responsable des réfugiés, témoigne Djumah Ahmat, notre rôle est d’être présent, de nous assurer que tout se passe bien et de gérer les conflits s’il y en a. » Vérifier par exemple que les réfugiés sont servis selon leurs justes besoin, ni plus ni moins. Remettre de l’ordre entre deux réfugiés aussi, lorsque la ration de mil négligemment abandonnée par l’un tombe subrepticement dans le panier de l’autre… « Quand il y a des difficultés d’approvisionnement, c’est aussi notre devoir de l’expliquer aux réfugiés et de les calmer, de telle sorte qu’il n’y ait pas de tension avec le Secadev qui gère cette distribution. » Car tout ne se passe malheureusement pas sans problème. Qu’il s’agisse de rupture pure et simple de certaines denrées en cours d’opération, ou de diminution générale des rations décidée par le PAM (Programme Alimentaire Mondial, de l’ONU, fournisseur des denrées distribuées), il faut bien faire face et juguler les revendications des réfugiés.

« C’est vrai que les rations sont insuffisantes, confirme Awa Ali Konyouka, originaire de Dar Salam au Darfour, arrivée à Farchana en 2003 avec ses quatre enfants. Pour compléter, je suis obligée de vendre mes services aux autochtones pour les aider dans les champs, aux récoltes ou pour piler le mil en ce moment… »
Certains mois, les rations distribuées ne tiennent pas plus de trois semaines. Et, dit-elle, ce sont les condiments qui manquent le plus. « Alors nous sommes parfois obligées de vendre une part de blé ou de farine afin de pouvoir en acheter. Mais, reconnaît-elle enfin, il est difficile de nous fournir absolument de tout ce dont nous avons besoin. Pour le moment en tout cas, le Secadev organise bien la distribution. On sent vraiment que les choses vont plus vite et que pour ce qu’il est possible de nous donner, les choses sont gérées aussi bien que possible. Maintenant, si l’on pouvait augmenter les rations, et pourquoi pas diversifier aussi avec de la viande ou des non vivres, ce serait fantastique ! »



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