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Le camp des réfugiés soudanais de Milé est transféré au SECADEV
TCHAD


mise en ligne : 31-01-2007

Anciennement géré par l’ONG internationale CARE, le camp de Milé, situé à 22 km au nord-ouest de Guéréda, est officiellement remis au SECADEV, depuis janvier 2007. Ce camp de 15 000 réfugiés, vient s’ajouter à ceux de Farchana et Kounoungou dont la Caritas tchadienne a déjà la charge.

Le document « Remise et Reprise du camp de Milé entre CARE et SECADEV » éclaire les motivations de ce transfert : « pour des raisons de focalisation dans le but d’assurer les services de qualité, CARE, HCR, et SECADEV, ont convenu de remettre la gestion du camp de Milé au SECADEV et CARE continue à prêter ses services dans les camps d’Iridimi, d’Amnaback et de Touloum. »

Le SECADEV est une ONG locale installée dans la zone il y a plus d’une vingtaine d’années. Depuis l’arrivée des réfugiés soudanais suite à la crise du Darfour, le SECADEV s’est largement investi dans la gestion de ces réfugiés. On estime donc que c’est en connaissance de cause que le HCR lui témoigne sa confiance en lui donnant la gestion d’un autre camp.

Du point de vue opérationnel, il pourrait se poser quelques petits problèmes après le départ du CARE. Cette ONG internationale dispose en effet de moyens supérieurs à ceux du SECADEV. Sa politique de gestion de Milé consistait à recruter un grand nombre d’employés locaux, ce qui n’est pas mauvais en soi. Mais il s’est posé le problème de compétence car beaucoup ont été recrutés au nom de la promotion locale. Lors de la mission d’évaluation qu’il a effectuée en novembre 2006, le chargé de suivi des camps du SECADEV, Couldjim Madibé Poingar, a constaté que certains employés locaux en charge de responsabilités ne sont pas en mesure de produire un rapport d’activité.

Le SECADEV n’est pas contre la promotion locale. C’est ce qu’il fait d’ailleurs depuis sa création, mais sa politique d’emploi est basée sur le critère de compétence. La preuve, c’est qu’il existe aujourd’hui des employés locaux dans toutes ses délégations, des employés qui méritent leurs postes. En partant, CARE a recommandé le maintien de certains agents locaux. Actuellement, 10 personnes sont retenues pour assurer le service minimum dans certains secteurs vitaux en attendant que le service des ressources humaines tire la situation au clair. «Nous n’allons pas les retenir comme ça. Il faudra les soumettre aux entretiens », a déclaré Pyrrhus Banadji BOGUEL, assistant administratif aux ressources humaines du SECADEV à la coordination d’Abéché.

Un autre aspect du problème est le traitement salarial. CARE avait les moyens d’assurer à ses employés des salaires plus élevés que ne pourra garantir le SECADEV. Sur ce point, ceux des anciens employés qui seront maintenus ont le choix d’accepter ou de refuser le contrat. Mais l’incompréhension pourra venir du côté de la main d’œuvre recrutée au sein des réfugiés. Les réfugiés employés avaient également des traitements élevés de la part de CARE. Reste à savoir s’ils vont comprendre la nouvelle donne et s’y adapter. Un sérieux travail d’information et de sensibilisation sera nécessaire pour les convaincre. D’autant plus que la politique générale du HCR est celle de l’intégration communautaire, qui nécessite une prise en charge supérieure des réfugiés face à une baisse de l’assistance humanitaire. Ce même travail doit être fait aussi auprès des autorités locales qui soutiennent plus ou moins le recrutement sans tenir compte des compétences.

Infrastructures

Dans le domaine des infrastructures à Milé, le secteur de l’éducation est le parent pauvre. Au regard des camps de Kounoungou et Farchana où les écoles sont construites avec des matériaux durables sur deux ou trois sites, l’école au camp de Milé est repartie sur 10 sites,liés au découpage du camp. Les salles de classe sont construites en bâches et les toits en tôles. Exposées aux aléas climatiques (vent, soleil), ces "salles" de classe ne résistent pas longtemps. Dans certains sites, les parents d’élèves ont dû construire des murets, dans d’autres les élèves sont sous les arbres. Le SECADEV, en prenant la gestion du camp, propose d’entreprendre la construction de murs à la place des bâches avec la contribution des réfugiés qui devront fabriquer des briques. Les maçons vont être identifiés et recrutés parmi les réfugiés eux-mêmes.

Par Justin NGOMITA


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