| mise en ligne : 30-03-2007 |
Des tenues scolaires ont été confectionnées par l’UNICEF pour les enfants des camps de réfugiés. Mais celles-ci ne conviennent pas à de nombreux élèves en raison de leur taille. À Farchana, le SECADEV se trouve confronté au problème de la répartition. Le port de la tenue imposé à l’école est une politique éducative qui vise à mettre les élèves sur un pied d’égalité. Ce principe permet d’effacer les inégalités sociales en classe, source de frustration et de complexe d’infériorité qui empêche certains élèves démunis de s’épanouir. La tenue permet aussi d’identifier toute personne qui viendrait s’infiltrer en classe. Cette tenue trouve une justification supplémentaire dans les camps pour les enfants réfugiés dont les parents dépendent de l’assistance.
Le Secadev, à travers son secteur éducation, gère les écoles de ses trois camps. Il assure l’organisation et le fonctionnement du système éducatif : suivi des enseignants et des élèves, formation des comités de parents d’élèves, d’enseignants et suivi des infrastructures. Dans son rôle consistant à protéger l’enfant et à promouvoir son épanouissement, l’Unicef apporte son appui dans l’éducation des enfants réfugiés, notamment en fournitures scolaires, en mobilier, en formation et en matériel dont les tenues scolaires.
Dans ce sens, il a fait confectionner en grand nombre des tenues qui ne conviennent qu’aux élèves de 4 à 7 ans. Outre le problème de la taille, les habits fournis sont en nombre insuffisant par rapport l’effectif. Il y a par, exemple, des sour walls (pantalon local) pour les garçons de 11 à 14 ans sans les djellabas, ceux de 4 à 6 ans ont les djellabas et non les sour walls. Le secteur éducation chargé de distribuer les tenues est confronté à un mur d’incompréhension. « Certains parents d’élèves pensent que nous avons refusé des tenues à leurs enfants. Aussi, quelques élèves issus des familles démunies refusent-ils d’aller en classe faute d’habits », souligne Marcellin Bégoto, animateur du secteur éducation de Farchana. « Il faudrait plutôt confier la confection des tenues au Secadev, en contact direct avec la réalité du camp », estime-t-il.
La personne en charge du volet éducation au Secadev, Alexide Kassamba, propose « une analyse du problème avec le comité des parents d’élèves afin de définir des orientations. Privilégier, par exemple, les plus vulnérables qui portent des haillons, donner sous forme de prix d’excellence ou de prix de participation aux filles pour les motiver à fréquenter l’école. »
Par Justin NGOMITA
Le camp de Farchana compte plus de 19000 réfugiés avec 4024 élèves dont 2070 garçons et 1954 filles repartis dans 46 salles de classe au primaire. A Kounoungou, 13.300 réfugiés, le nombre d’enfants scolarisés est de 2063 dont 1319 garçons et 1244 filles. A Milé, 15.500 réfugiés, 4020 enfants sont inscrits à l’école dans le camp.
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