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La culture maraîchère autour du camp des réfugiés de Farchana, est du Tchad
TCHAD


mise en ligne : 11-04-2007

Outre ses activités en faveur des réfugiés soudanais installés dans l’est du Tchad, le SECADEV s’investit dans le développement local, sa préoccupation traditionnelle depuis plus d’une vingtaine d’années. Dans sa délégation d’Adré son appui à la culture maraîchère touche aujourd’hui 38 villages autour du camp.

L’insécurité à la frontière a contraint le SECADEV à focaliser les activités maraîchères autour du camp en faveur des villages qui ont accueilli des réfugiés. Le domaine d’intervention dans le cadre de ce programme se situe donc d’un village à 35 km du camp, au plus proche à 2 km, Farchana étant à 60 km de la frontière.

Jadis, le maraîchage se pratiquait sur de petites parcelles d’outils et d’encadrement. Aujourd’hui grâce au partenariat SECADEV-CRS, 5588 bénéficiaires pratiquent l’horticulture sur les abords des cours d’eau temporaires (ouadis) en complément de la culture pluviale. La plupart des exploitants se sont constitués en groupements. Il y en a actuellement 65 dont 5 groupements, 34 féminins, 26 masculins qui exploitent des parcelles. Quelques agriculteurs cultivent à titre individuel. Tous ont reçu du matériel (pelles, arrosoirs, brouettes, râteaux, houes) et des semences (tomate, carottes, betterave, aubergine, concombre, poivron, navet, pastèque, piment, roquette, ail, oignon, gombo et pomme de terre). Cinq groupements ont même reçu une motopompe.

La culture maraîchère se pratique sur deux campagnes : la première s’étale d’octobre à décembre et la seconde de janvier à mai. La campagne de fin 2006 a été perturbée par l’insécurité, le matériel et les semences n’ont pu être distribués, l’encadrement et le suivi également troublés. Les maraîchers ont donc travaillé avec leurs moyens propres.
La deuxième campagne en revanche se déroule normalement puisque les exploitants ont reçu le nécessaire pour travailler. Selon Ali Issaka Arabi, président d’un groupement mixte du village de Tirti : « Avant nous faisions seulement les variétés locales comme l’ail, l’oignon et le gombo mais le SECADEV nous a apporté les semences importées qui nous permettent de multiplier les variétés dans nos parcelles. Grâce au matériel, et surtout à la motopompe, nous avons agrandi notre superficie. » La parcelle de 800 m² qu’exploite le groupement est louée 50.000 Fcfa (environ 330 euros) par an. Ali Issaka Arabi trouve que ce n’est pas trop pour son groupement : « la campagne précédente nous a permis d’avoir 150.000 Fcfa (environ 1000 euros) dans notre caisse et une partie de la production a été destinée à la consommation des membres. La caisse nous permet d’assurer le fonctionnement et la maintenance de notre motopompe », conclut-il.

Au village de Mourkouni, Ramat Tchiket exploite individuellement une parcelle d’environ 500 m² depuis deux ans. « Grâce à ma production, j’ai acheté une motopompe, j’ai reçu du SECADEV des semences et du matériel ; mon souci c’est le puisard que j’ai fait sans matériaux durables et qui sera bientôt inutilisable », déplore-t-il

Le groupement masculin "Karima" au village de Farandjé a agrandi sa superficie grâce aux semences et au matériel reçu du SECADEV. Par manque de motopompe, le groupement utilise pour arroser le système du "chadouf", où le seau d’eau remonte du fond du puit sous l’effet d’un système de contrepoids en balancier. « Notre objectif est d’avoir une motopompe. Si quelqu’un nous propose un crédit, nous sommes prêts à nous lancer », affirme le président du groupement, Said Adam.

Les membres du groupement féminin ont bénéficié d’un puisard du projet OFAD s’activent. La vice- présidente du groupement, Haoua Hassan, reconnaît que l’appui du SECADEV est d’une grande utilité : « notre groupement existe depuis trois ans mais il se développe réellement depuis qu’on nous a doté de ce puisard, du matériel et des semences. » Le groupement Zazira a l’ambition d’acheter dans l’avenir une charrette pour le transport de ses produits vers les grands centres, comme Farchana à une quinzaine de kilomètres.

Justin N’Gomita


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