| mise en ligne : 01-06-2007 |
Dans sa politique d’hygiène alimentaire et d’assainissement, le SECADEV a décidé de doter chaque famille du camp d’un canari avec couvercle afin de diminuer les risques de maladies liées à l’eau. Il a aussi choisi de construire des laboratoires adaptés aux analyses de la qualité de l’eau distribuée dans les camps.
Si les agents du secteur prennent soin de traiter l’eau dans les tanks avant de la mettre à la disposition des réfugiés, sa conservation dans les ménages ne respecte pas à la lettre les règles élémentaires d’hygiène. C’est le constat fait par les agents du secteur d’Hygiène et Assainissement, chaque jour en contact avec les familles au camp. En effet, la plupart conservent l’eau dans des récipients sans couvercle. Dans ces conditions, elle ne peut être propre quand on sait que certains réfugiés partagent leur petite cour avec le bétail (ânes, moutons, volaille …) C’est ce constat qui a conduit le SECADEV et son partenaire CRS à opter pour les canaris (réservoir d’eau en terre cuite) avec couvercle. Une fois ces canaris distribués, les agents du secteur hygiène auront plus de facilité pour sensibiliser et faire appliquer les règles de conservation et d’entretien de l’eau. Le 23 mai, la délégation d’Adré a pu acheter 1100 canaris sur les 5200 prévus. Celle de Guéréda en a déjà eu 482 sur les 3423 prévus. Une partie des couvercles en plastiques est également déjà acheminée pour permettre la distribution des kits composés d’un canari de 20 litres, d’un couvercle et d’un gobelet.
Les autres bénéficiaires de ce projet sont les potières à qui le marché de construction a été attribué. « L’autre idée vise à permettre à ces femmes d’avoir un revenu. Au niveau de Farchana, nous en avons identifié 21 dans deux villages qui nous fournissent les canaris au prix de 1000 FCFA l’unité. Pour accélérer le travail à cause de la saison des pluies qui arrive, nous venons de retenir 16 réfugiées, et la liste reste ouverte », a expliqué l’Assistant aux PIRS (Projets à Impacts Rapides) du CRS, Miguerta Mbalidal.
Les canaris sont fabriqués à base d’argile et cuits avec de la bouse. Il est évident qu’en saison des pluies, il sera difficile de trouver les matières premières, mais vu les revenus que cette activité génère, le rythme de travail des potières ne devrait pas faiblir. En outre, une femme expérimentée dans la fabrication des canaris a été choisie pour le contrôle de la qualité, payée 10 FCFA par canari supervisé. Avant ce projet, les réfugiés ont reçu, du même financement, des bidons de 20 litres et des coquemars (petit bidon en plastique sous forme de bouilloire servant aux ablutions et aux toilettes).
Parlant toujours de l’hygiène de l’eau, CAFOD et le Secours Catholique Caritas France financeront la construction de laboratoires d’analyse d’eau dans les camps de Farchana et Kounoungou (pour Kounoungou et Milé). Les bénéficiaires directs seront les 48000 réfugiés repartis dans trois camps (Farchana : 19000, Kounoungou : 13500 et Milé : 15500), puis les dizaines d’agents humanitaires intervenant dans ces mêmes camps. Ces laboratoires permettront aux agents du secteur concerné d’améliorer les conditions d’analyse de l’eau. Depuis la création du camp, c’est en effet le bureau du personnel qui faisait office de laboratoire.
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