| mise en ligne : 04-07-2007 |
Si l’Est du Tchad connaît une accalmie relative entre les factions rebelles et armée régulière, la région subit toutefois une recrudescence de la criminalité. Agressions, vols à mains armées et de véhicules se multiplient. Dans ce contexte , le Secadev équivalent du secours Catholique au tchad, poursuit son engagement envers les milliers de réfugiés du Darfour. La surprise n’est donc pas venue des rebelles ni de l’armée régulière. Les tensions redoutées entre les parties belligérantes n’ont pas eu lieu mais ont laissé la place à une véritable recrudescence de criminalité. A Abéché plusieurs incidents se sont produits la semaine dernière. Dans la nuit du 26 au 27 juin, des éléments armés se sont introduits à l’intérieur du domicile d’un employé du HCR pour voler argent et matériel informatique laissant plusieurs personnes blessées et tuant le jardinier présent au moment de l’attaque. Quelques jours auparavant, le domicile des observateurs de l’Union africaine avait également fait l’objet d’une attaque.
Mise en place de patrouilles
Début juillet, trois incidents ont eu lieu : deux véhicules d’Oxfam ont été volés sur l’axe Guéréda - Am Zoer, un autre de la CNAR (gendarmerie assurant la protection des réfugiés) sur la route de Biltine, ainsi qu’un véhicule de MSF Hollande sur le chemin de Farchana à Hadjer Hadid. Nouveauté inquiétante par rapport aux incidents précédents, ces vols sont accompagnés de violences sur les personnes, abandonnées à des kilomètres de la route pour retarder le signal d’alerte. Certains véhicules sont retrouvés, d’autres non. Le HCR et plusieurs responsables de la sécurité des représentants de la société civile(associations, organisations etc..), ont rencontré le préfet pour obtenir la mise en place de patrouilles de nuit constituées de policiers et gendarmes, pour quadriller Abéché. L’objectif est évidemment de lutter contre le « carjacking », le vol de véhicules par les coupeurs de route.. Dans certaines zones les déplacements sont tout simplement déconseillés. On note également une présence importante de militaires dans les villes, et notamment à Goz Beida, où un couvre-feu a été mis en place temporairement à 18h30 pour éviter tout débordement ou comportements abusifs liés à cette présence. Persistent des tensions interethniques. Des affrontements ont eu lieu dans la nuit du 29 juin au 1er juillet dans le Dar-Tama entre Zaghawas et Tamas (ex-éléments du FUC), à environ 30 km au sud-est de Guéréda. Toujours dans le Dar Tama, l’un des quatre camions transportant du bois de chauffe à destination du camp de réfugiés de Kounoungou a été intercepté par des éléments armés, qui ont blessé une personne et finalement laissé repartir le camion. L’objet de l’agression : la collecte du bois de chauffe destiné à la distribution mensuelle du bois aux réfugiés, ressource essentielle qui se raréfie pour tous. Il a été décidé que la collecte de bois se déroulerait désormais à Wawaye et non plus à Bali. Le Secadev poursuit distributions de semences, reconstitutions de greniers alimentaires près de Goungour, près de la frontière soudanaise auprès de 5 000 personnes réfugiées, dans les trois camps gérés par le Secadev, Millé, Kounoungou et Farchana et les villages environnants, Des formations sont dispensées aux réfugiés pour leur permettre d’ effectuer la pulvérisation des camps, et éviter la prolifération des moustiques et une éventuelle recrudescence du paludisme pendant la saison des pluies.
Une actualité diplomatique dense Parallèlement, les initiatives se multiplient pour appuyer la mise en place d’une force hybride de 20 000 hommes au Darfour, associant l’Union Africaine et l’Onu, principe accepté le 17 juin par le Président soudanais Omar El Béchir. Sujet dont il a été question aussi bien à la Conférence de Paris du 25 juin qu’au 9ème sommet de l’Union Africaine à Accra (Ghana). Au Tchad également, populations et humanitaires demandent une sécurisation de l’est du pays, grâce au déploiement d’une force internationale. Pour l’instant, c’est un corridor humanitaire qui a été mis en place, suite à la venue de Bernard Kouchner, Ministres des affaires étrangères français, à l’Est du Tchad début juin. Depuis le 17 juin, il est effectif et des tonnes de vivres et de produits de première nécessité ont pu être acheminés auprès des personnes déplacées et réfugiées.
Judith Marie |