| mise en ligne : 04-07-2007 |
Au camp de Kounoungou, des réfugiées se spécialisent dans la fabrication de savons. Un moyen habile de créer des compléments de revenus pour les familles. Gérée par une animatrice de la caritas tchadienne (secadev), cette initiative est enrichie par la transmission de ses connaissances nouvellement acquises pour d’autres femmes nécessiteuses. Autour des marmites, des femmes s’affairent, blanchissent huile et graisse animale, solution à laquelle elles ajoutent bientôt soude et eau, selon une technique et un dosage spécifiques. Beya est animatrice au Secadev et dispense cette formation d’une semaine auprès de quatre femmes réfugiées. « Nous sommes en train de préparer la solution nécessaire à la conception du savon. Nous devons obtenir un mélange solide. Ensuite, nous utiliserons des moules en bois pour fabriquer des plaques que nous découperons pour donner une forme aux savons. Une fois acquise cette technique, les femmes à leur tour formeront d’autres femmes volontaires pour développer cette activité.» Les matériaux nécessaires ont été achetés afin qu’elles puissent produire elles-mêmes des savons dans leur centre. « L’important c’est la connaissance, expliquent Fatna et Mariam, deux des quatre participantes à la formation. Ensuite nous pourrons produire nous-mêmes nos savons pour laver les habits, pour la propreté et l’hygiène. Nous pourrons ensuite enseigner aux autres. Cela va se développer ici et au Soudan. Nous envisageons de faire un peu de commerce. Avec le produit des ventes, nous achèterons du sucre, des habits pour les enfants, de la viande. » L’aide humanitaire, ne permet pas en effet de répondre à tous les besoins des réfugiés. « Si les femmes s’en sortent bien, nous les appuierons avec un petit crédit pour acheter les matières premières, explique Noubadoum en charge des activités génératrices de revenus à Guéréda. Elles pourront constituer un petit fond de roulement avec le produit de la vente, rembourser les intérêts et se développer. Notre objectif c’est l’autonomie des personnes, les encourager à se prendre en charge eux-mêmes. Et si la qualité est là, nous envisageons de leur acheter leur production pour la distribution mensuelle de produits de première nécessité réalisée en lien avec le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés). » Des débouchés tout trouvés et un revenu assuré pour les réfugiées motivées. Judith Marie
Les activités génératrices de revenu à Guéréda Le Secadev soutient 36 groupes d’ une dizaine de personnes dans les camps de Kounoungou et de Millé, proches de Guéréda, et 13 autres dans les villages environnants aux camps, dans des activités économiques aussi diverses que la fabrication de pâtes alimentaires, de canaris (jarres en terre utilisées pour stocker l’eau), la cordonnerie ou la boucherie… |