| mise en ligne : 08-08-2007 |
Au camp de Kounoungou, réfugiés et humanitaires sont préoccupés par le risque de pénurie d’eau. Sur les quatre puits qui alimentaient le camp, un seul fonctionne encore. La situation est devenue précaire depuis le 21 juillet 2007où le ouadi au bord duquel étaient construits les quatre puits, en a englouti un autre, le troisième, les deux premiers étant hors d’usage depuis août 2006 pour la même raison. Il n’y a donc plus qu’un seul puits en état. Mais il se trouve à une petite dizaine de mètres de la berge, et, à mesure que la crue augmente, le ouadi sort de son lit, menaçant de l’emporter. À Kounoungou, il n’est pas possible de trouver de l’eau loin du ouadi. Face à l’urgence à l’époque de l’installation du camp, il fallait pourtant trouver au plus vite de l’eau pour les milliers de réfugiés qui arrivaient… Les puits ont donc été construits dans le lit du ouadi.
« L’eau, source de vie » Après une sensibilisation faite par le personnel du Secadev auprès des cheicks (chefs de zones), relayée par ces derniers dans leurs zones respectives, les réfugiés sont sortis massivement – plus de 500 personnes, femmes et hommes – pour travailler afin de protéger le puits. Munis de sacs vides mis à leur disposition par le Secadev, les réfugiés entendaient les remplir de sable et les disposer tout autour du puits en vue de constituer une protection efficace contre la progression du ouadi. De l’avis de tous, que ce soit à Kounoungou même ou dans les deux autres camps gérés par le Secadev (Farchana et Milé), c’est la première fois que les réfugiés se mobilisent pour une telle action de masse. « Nous sommes vraiment mobilisés pour protéger ce puits parce que le problème est grave. Nous avons très bien compris les cheicks quand ils nous ont sensibilisés. C’est le seul puits qui reste. Si le ouadi l’emporte encore, il n’y aura plus rien. Pourtant, l’eau est une source de vie », explique en substance Fatimé Fadoul Mahamat Ali, une réfugiée. « C’est nous qui consommons l’eau de ce puits. C’est notre bien. Nous devons le protéger », renchérit un autre réfugié, Annour Adam Abdallah.
Une médiation avec les autochtones Les réfugiés ont malheureusement été bloqués dans leur élan par les autochtones, alignés derrière le propriétaire du terrain sur lequel est construit le puits. « Les autochtones disent qu’ils ont besoin de cultiver leurs champs et que si nous menons cette opération, le ouadi prendra davantage sur leurs terres », explique Mianbé, coordinateur du secteur eau de Kounoungou. En contrepartie de la portion de son terrain utilisée pour la construction du puits, ce dernier bénéficiait déjà de l’eau du puits et du matériel pour l’arrosage de ses cultures maraîchères. Une médiation en cours tente de respecter à la fois les intérêts des 15 000 réfugiés de Kounoungou et les biens des autochtones. De telles médiations, impliquant autorités locales, autochtones, et humanitaires ont déjà permis dans le passé de résoudre de nombreuses tensions.
Alladoum Nadingar Communicateur Secadev |