| mise en ligne : 04-09-2007 |
Pendant la saison des pluies, les humanitaires redoublent d’efforts pour mener leurs activités et faire face à de nouvelles urgences. En attendant une solution politique aux conflits, les discussions pour le déploiement d’une force internationale de part et d’autre de la frontière soudano-tchadienne se poursuivent. Chaque jour, il pleut. Si les fortes pluies sont de bonne augure pour les populations et leurs cultures, elles compliquent fortement le travail des humanitaires : les activités sont ralenties et l’accès à certaines zones est réduit - telles Koukou où les pluies torrentielles depuis six semaines ont fait beaucoup de dégâts-. Les routes sont quasiment impraticables entre ce village et les camps de Goz Amer (près de 20 000 réfugiés) et d’Habilé (environ 30 000 déplacés). Un plan de contingence a été mis en place par le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés). Par ailleurs, la semaine dernière, une centaine de camions transportant du matériel humanitaire ont été bloqués à environ 30 km au nord de Goz Beida à cause d’un Ouaddi (rivière qui déborde à cause des fortes pluies). La situation semble aujourd’hui se débloquer.
Les conflits interethniques se poursuivent et provoquent de nouveaux déplacements. Le 21 août, près de 50 familles soit 160 personnes du village de Nguereside (10 km au nord de Guéréda), en majorité des femmes et des enfants, se sont réfugiées à Guéréda pour fuir les violences. Le Secadev, en lien avec les partenaires sur place, s’est organisé pour faire face à l’urgence. Il a procédé au recensement des familles puis à la distribution de produits de première nécessité (couvertures, nattes, savons et bidons). L’école où les villageois se sont installés a été pulvérisée pour réduire les risques de paludisme. De nouvelles personnes sont arrivées quelques jours plus tard. Le 27 août, c’est à environ 400 personnes que le Secadev a distribué des rations alimentaires (du sucre, des haricots, de l’huile et des céréales) leur permettant de se nourrir pendant quinze jours.
Depuis quelques semaines, le déploiement d’une force hybride (Nations Unies / Union Africaine) au Darfour et d’une force européenne transitoire à l’Est du Tchad a fait naître l’espoir d’un retour possible pour les réfugiés et d’une sécurité pour réfugiés, déplacés et populations locales de part et d’autre de la frontière Soudano tchadienne. L’heure est aux négociations quant aux contributions des différents pays à ces deux forces. Les 27 et 28 août une mission de l’Union Européenne et des Nations Unies se rendra à l’Est du Tchad pour étudier les conditions du déploiement d’une force multidimensionnelle pour stabiliser la région.
Au Darfour début août, quatre mouvements rebelles qui n’avaient pas signé les accords d’Abuja - signés en mai 2006 sous la pression de la communauté internationale par un unique groupe rebelle - se sont retrouvés à Arusha (Tanzanie) et se sont entendus sur une plate-forme de revendications communes qui devraient faire l’objet de nouvelles négociations en novembre prochain. Seul le responsable du SLM (Mouvement de libération du Soudan), Mohammed Nour a boycotté ces pourparlers. Dans les camps de réfugiés du Tchad, c’est l’espoir d’un retour au pays et d’une paix retrouvée qui prévaut.
Au Tchad, le 20 août un accord a été signé entre le gouvernement et la principale coalition de l’opposition (Coordination de la Défense de la Constitution), regroupant une vingtaine de partis. Cet accord prévoit un report des législatives prévues en fin d’année à 2009, l’entrée de l’opposition au gouvernement et de prochaines élections transparentes. La FAR, deuxième formation parlementaire d’opposition n’a pas signé l’accord, indiquant que seule une solution associant tous les acteurs et notamment les groupes rebelles paraissait constituer le gage d’une ouverture démocratique. De récentes négociations à Tripoli entre le gouvernement tchadien et les principaux groupes rebelles encore actifs n’ont pas permis de dégager un accord commun.
Judith Marie Communicatrice Secadev / Secours Catholique |