| mise en ligne : 04-09-2007 |
Farchana, le 21 août. Une journée bien remplie pour l’équipe assainissement du Secadev : lutte contre l’érosion, réfection des latrines et distribution de bidons au programme. Tôt le matin, l’équipe assainissement se retrouve autour de son responsable Loubah Dangom Ozias pour planifier les activités de la journée. Ozias distribue les rôles : « Ammous, tu coordonnes la distribution de bidons, coquemars et détergent ; Yacoub, tu rencontres le comité du marché pour les inciter à s’organiser et à nettoyer le marché deux fois par semaine avec le matériel (brouettes, râteaux et pelles) que nous leur avons distribué. Adama, tu supervises la fermeture des latrines pleines et la réhabilitation des nouvelles latrines dans les blocs H et F. » Ozias, quant à lui, effectuera le suivi des opérations menées pour lutter contre l’érosion due aux fortes pluies. Renouveler les bidons usés Devant le bureau, une quinzaine de femmes et fillettes sont déjà présentes. Accroupies à l’ombre d’un arbre, elles attendent patiemment le début de la distribution. Ammous, assisté de deux réfugiés, positionnent les bidons et les coquemars (théière en plastique utilisée pour les ablutions) avant de recenser les bénéficiaires et de procéder à la distribution. De nouvelles femmes arrivent. A chaque fois les salutations s’élèvent telles un chant : « Salam…Alikum…Alikum Salam…Afé…Abdulillah….Mashallah…Abdulillah…Afé…» Dans quelques jours et après un mois de distribution, l’ensemble des ménages, plus de 5 000 au camp de Farchana, aura reçu un kit. Maïmouna Idriss Mahamat vient de recevoir le sien : un bidon, un coquemar et un sachet de détergent. « J’utilise le bidon pour prendre de l’eau à la borne fontaine et le coquemar pour les ablutions et pour me laver. Je les nettoie chaque jour avec le détergent. A notre arrivée, il y a 3 ans, nous avons reçu un bidon et un coquemar. Cela fait longtemps, ils sont trop usés. » Le Secadev, ayant constaté la dégradation des bidons et les problèmes d’hygiène que cela posait, a donc décidé de les renouveler.
Lutter contre l’érosion Ozias part suivre les activités de lutte contre l’érosion. Les pluies, fréquentes et fortes en cette saison, affectent l’ensemble du camp, abris et infrastructures. Le canal de récupération des eaux usées de la borne fontaine du Bloc Z est endommagé et les pluies pourraient, à terme, tout emporter. Cinq personnes travaillent sous un soleil ardent à renforcer le canal. Elles remplissent des sacs de sable puis les disposent le long du canal. Parmi elles, Mahamat Yacoub, facilitateur, et quatre réfugiés du bloc, membres du Comité d’hygiène et d’assainissement du camp.
Sensibiliser, responsabiliser Mahamat Yacoub est facilitateur depuis trois ans pour le Secadev. Il veille à ce que la population de son bloc vive dans un environnement sain et reçoit en échange une rémunération mensuelle de 15 000 Francs CFA (environ 23€). « Je fais des visites à domicile et quand je vois des pratiques contraires à l’hygiène, je sensibilise les personnes. Si besoin est, on réunit les réfugiés sous un arbre et on développe le thème choisi : la conservation de l’eau, l’hygiène alimentaire, l’utilisation des fosses à ordures, l’entretien des latrines… Si je constate qu’il y a des lieux insalubres, par exemple une flaque d’eau qui peut attirer les moustiques et favoriser les maladies, j’informe le Secadev et je mène les travaux nécessaires avec les réfugiés du bloc. » Mahamat est aidé dans cette tâche par les quatre représentants de son bloc au Comité d’Hygiène et d’Assainissement du camp. Leur rôle est similaire à celui du facilitateur mais plus ponctuel. Ils reçoivent quant à eux une compensation mensuelle : du thé, du sucre, du savon… Avant de partir, Ozias passe un dernier message au facilitateur et aux membres du comité présents : « Il faut persévérer dans la sensibilisation, et travailler pour votre santé. Un jour nous ne serons plus là. Il faudra vous débrouiller». Une situation qui s’est déjà présentée, en décembre 2006, lorsque les humanitaires ont été évacués à cause de l’insécurité. « En notre absence, ils ont poursuivi le travail et cela a très bien fonctionné.»
Consolider les abris Sur le chemin du retour, Ozias constate les travaux de consolidation effectués par les réfugiés pour protéger leur bloc contre les pluies. Des sacs de sable ont été disposés le long des abris pour empêcher l’infiltration de l’eau, l’humidité qui en résulte et les risques de voir les murs s’écrouler. « Pour cela les réfugiés s’organisent seuls. Nous donnons des sacs vides au Cheik (chef du bloc) et il les redistribue à chacun en fonction des besoins », explique-t-il.
115 bidons, coquemars et sachets de détergents ont été distribués dans la journée.
Judith Marie |