| mise en ligne : 04-09-2007 |
Dans le cadre du suivi régulier des projets qu’ils mettent en œuvre au profit des réfugiés, les agents du secteur agriculture du Secadev ont visité les champs du Cheik Abdel Aziz Abdallah le 21 août 2007. Il est bientôt 7h ce mardi 21 août 2007. Farchana n’est pas totalement sorti de son sommeil. Dans le ciel dégagé, le soleil envoie depuis une heure des rayons de plus en plus ardents. Cela n’arrive pas souvent en cette période où d’ordinaire, il pleut tous les jours. «C’est le signe que la saison sèche s’approche à grands pas», explique Illyadé du Secadev. « Cela pourrait affecter les cultures », ajoute-t-il. Nous quittons le camp, accompagnés du Cheik Abdel Aziz Abdallah Daoud, chef du bloc A et président du comité d’organisation des producteurs du camp de Farchana. Au détour d’une colline, un vaste champ à quelques dizaines de mètres devant nous. Deux femmes travaillent à sarcler le champ sous cette chaleur accablante. «Ce sont mes épouses. Quatre de mes filles nous aident également dans les travaux champêtres », raconte-t-il. Dans ce champ, il cultive le haricot, l’arachide et le pois de terre. Il a deux autres champs où il cultive le mil, le sorgho, la pastèque et le concombre. Distribution des semences A son arrivée à Farchana, comme la plupart des réfugiés de ce camp en 2004, le Cheick Abdel Aziz n’a pas cultivé. Il s’est lancé dans l’agriculture sans assistance l’année suivante. «Compte tenu du peu de moyens dont je disposais, j’ai fait un tout petit champ qui ne m’a pas rapporté grand-chose», raconte-t-il. Naturellement, Abdel Aziz a reçu avec enthousiasme la proposition du Secadev d’aider les réfugiés qui le souhaitent à pratiquer l’agriculture. «L’année dernière, le Secadev nous a distribué des semences. Cela m’a permis de faire un champ de plus d’un demi hectare. Après la récolte, j’en ai vendu une partie et nous avons consommé une autre partie. J’ai gardé le reste pour les semences». Selon le Cheick Abdel Aziz, cette réserve de semences, ajoutée à celles distribuées cette année par le Secadev, lui a permis d’agrandir sa surface de production. Il cultive aujourd’hui pratiquement cinq hectares. Les terres qu’il exploite appartiennent à une femme du village de Farchana. «Elle ne les utilise pas donc elle m’a dit que je pouvais les exploiter. Elle ne me demande rien en contrepartie. En signe de reconnaissance, je lui offre un sac d’arachides après la récolte», indique-t-il. Au camp de Farchana, un comité d’organisation des producteurs s’est mis en place. Les membres sont choisis parmi les réfugiés les plus motivés. Ces réfugiés, comme Abdel Aziz, ont commencé à cultiver sans attendre une quelconque assistance. Le rôle du comité est, entre autres, de négocier les terres avec les autochtones et de faire les médiations éventuelles entre agriculteurs et éleveurs. Encourager à cultiver Le Secadev encourage les réfugiés à cultiver mais la tâche n’est pas facile. Selon le Cheick Abdel Aziz Abdallah Daoud, « certains refusent car ils pensent que travailler les champs signifie ne plus rentrer chez eux. D’autres pensent que le PAM (Programme Alimentaire Mondial) ne leur donnera plus rien s’ils produisent eux-mêmes. D’autres enfin ont compris que la situation au Darfour est encore loin de s’éclaircir et qu’il faut se mettre au travail ». En plus des semences, le Secadev distribue des outils agricoles. « Chaque bénéficiaire reçoit une houe, une daba (un autre type de houe) et une hache», indique l’animatrice Geneviève Solkem. Le secteur agriculture du Secadev assure le suivi des activités agricoles des réfugiés. «Nous établissons un programme avec les bénéficiaires pour la visite des champs et le traitement contre les insectes qui affectent des cultures», ajoute-t-elle. Les semences sont distribuées par le Secadev non seulement aux réfugiés mais également aux autochtones des villages environnants. En 2007, le Secadev a distribué des semences à 1400 réfugiés au camp de Farchana ainsi qu’à 270 autochtones dans 18 villages voisins.
Alladoum Nadingar |