| mise en ligne : 26-09-2007 |
Alors que la fin de la saison des pluies approche, la tension monte et les rumeurs courent à l’Est du Tchad. Toutes les parties en conflit semblent chercher à renforcer leurs positions avant le déploiement d’une force multidimensionnelle, approuvé le mardi 25 septembre par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Les humanitaires poursuivent leurs activités et leurs déplacements avec prudence.
La baisse de la criminalité semble se confirmer. Cependant, comme souvent à cette période, de nouvelles craintes d’agression surgissent. Les routes de nouveau praticables à la fin de la saison des pluies laissent effectivement redouter des attaques de groupes rebelles. Des inquiétudes accentuées par l’inconnu du déploiement de la force multidimensionnelle à l’Est du Tchad au cours des prochaines semaines ou des prochains mois (prévu en octobre novembre). Au-delà des rumeurs habituelles, quelques signes proviennent du terrain : des mouvements militaires importants, le renforcement de l’Armée nationale tchadienne le long de la frontière. Les agences humanitaires signalent des mouvements et des regroupements de forces armées de l’autre côté de la frontière – côté soudanais. Une attaque à Toumtouma (au nord d’Adré) le 12 septembre a été confirmée, d’autres informations concernant la présence ou des affrontements avec des groupes rebelles ont été évoqués mais non confirmés. À Guéréda, où la situation reste préoccupante, le Secadev a défini un plan d’urgence afin pour continuer d’assurer les activités vitales dans les camps en cas d’évacuation. De fait, deux comités pour les secteurs de l’eau et de la distribution ont été réactivés pour les camps de Kounoungou et de Milé. Les réfugiés formés dans ces domaines pourront mener ces activités en l’absence de personnel humanitaire. Dans cette zone, les tensions interethniques sont toujours très vives.
Les activités se poursuivent
Pendant la saison des pluies, les axes routiers sont devenus quasiment impraticables. De nombreuses missions ont été annulées ou retardées et ces difficultés de déplacements ont mis à mal les finances des agences humanitaires qui ont dû recourir au transport aérien. La situation s’est améliorée et les déplacements sont de nouveau possibles. En septembre, le Secadev a poursuivi ses activités quotidiennes dans les camps et lancé la campagne annuelle de vaccination de bétail aux camps de Farchana et de Kounoungou. Cette campagne se poursuit actuellement dans les villages environnants, ainsi qu’au camp de Milé, inatteignable jusque-là. A Farchana, une session de formation dans le domaine de l’élevage permettra dans quelques jours, de former les réfugiés à « l’alagach », technique de traitement du foin pour que celui-ci soit plus nutritif et conservé plus longtemps pendant la saison sèche –saison où les pâturages et le foin tendent à manquer. Les agents du secteur agriculture ont délimité « les carrés de rendements » où le nombre de pieds sera compté. Au moment de la récolte, les agents pourront, grâce à ces « carrés témoin» évaluer le produit des cultures des réfugiés qu’ils soutiennent. À Kounoungou, les activités de formation en couture, coiffure et cordonnerie ont également été lancées. Une formation de fabrication de pâtes alimentaires est de nouveau organisée. Par ailleurs 200 réfugiés ont participé à une formation de cinq jours en techniques agricoles… |