| mise en ligne : 26-09-2007 |
Durant tout le mois de septembre, le secteur élevage du Secadev est absorbé par la vaccination du bétail dans les camps de Kounoungou, de Milé, et dans les villages environnants. Acheick Issa Ismaël est le tout premier arrivé pour faire vacciner son bétail. 40 ans, la barbe hirsute, Acheick Issa Ismaël semble plus marqué que son âge. Pourtant, seul adulte parmi les enfants, il n’hésite pas à courir derrière ses moutons et chèvres pour les maintenir en place. Il n’a qu’un souhait : « retourner le plus vite possible dans mon pays ». En attendant, « je dois me battre pour bien m’occuper de ma famille », dit-il. « En matière d’assistance, explique-t-il, il n’y a pas de problème grâce au SECADEV et au HCR. Mais cela ne couvre pas tous nos besoins. En tant que père, je dois exercer des activités qui me permettent de subvenir aux besoins de ma famille ». Eleveur depuis son enfance, Acheick Issa Ismaël poursuit cette activité au camp de Kounoungou où il est arrivé en 2004. « Au Soudan, l’élevage était ma principale activité. Quand les Djandjawids ont attaqué mon village, ils ont enlevé une partie de mon bétail. Je suis arrivé au Tchad avec 72 têtes de petits ruminants et une vache. J’ai vendu 35 moutons pour subvenir aux besoins immédiats de ma famille avant l’arrivée de l’assistance. Actuellement, j’ai 33 moutons, 8 chèvres, 3 bœufs et 3 ânes », témoigne-t-il. La campagne de vaccination est organisée chaque année dans les camps et les villages environnants. Acheick Issa Ismaël en a bénéficié à chaque fois depuis son arrivée au camp de Kounoungou. « Grâce à cette vaccination, mes animaux ne connaissent pas de problème de santé. J’en ai perdu cinq mais cela est dû au manque de pâturage qui se pose chaque année entre mai et juin». Radieux, il semble fier sans doute d’avoir protégé ses animaux des trois maladies qui affectent le bétail dans cette zone : le charbon bactéridien, le charbon symptomatique et le pasteurellose. Ces maladies sont causées par des bactéries qui, chaque année, resurgissent avec les premières pousses des pâturages au début de la saison des pluies. Pour les soins, Acheick Issa Ismaël n’hésite pas à s’adresser aux agents du secteur élevage du SECADEV. Parallèlement à l’élevage, Acheick Issa Ismaël cultive un champ de mil et d’arachide. « En saison sèche, je fais le maraîchage et le tannage », ajoute-t-il. Quels que soient les revenus qu’il tire de ses activités, Acheick ne cesse de répéter qu’il ne se sent pas bien sur « les terres des autres ». Son dernier mot : « Retourner dans mon pays… » Alladoum Nadingar Communicateur SECADEV |