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Tchad - Un projet en amène un autre
crédit : Judith Marie / SC
Devant la presse à huile fournie par le Secadev il y a dix mois, une ribambelle de petits sacs d’arachide attendent d’être transformés en huile.


mise en ligne : 22-10-2007

Mercredi 12 octobre, jour de marché à Birtewil (25 km du camp de Farchana), le dernier avant la fête de l’Aïd. La multitude d’ânes en dit long sur le nombre de personnes venues parfois de loin pour faire leurs derniers achats. Devant la presse à huile fournie par le Secadev il y a dix mois, une ribambelle de petits sacs d’arachide attendent d’être transformés en huile.

Les femmes sont venues, comme chaque mercredi, avec leur production d’arachide. Les premières arrivées attendent patiemment à l’ombre de la cabane abritant la presse et récupéreront leur bidon quelques minutes après. Deux personnes travaillent à la presse à huile : l’une est occupée à la transformation, l’autre régule la file et range les petits sacs laissés par les femmes parties au marché en attendant leur tour. Toutes deux sont employées par le Groupement Al Hilal (53 membres dont 17 femmes) qui a reçu du Secadev la presse à huile motorisée au début de l’année.

Traditionnellement producteur d’arachide, le groupement utilisait auparavant une presse à huile tractée par des chameaux. En 2005, l’insécurité était telle que les villageois ont pensé quitter leur village, victimes d’agressions et de vols réguliers. « Des bandits sont venus et ils nous ont arraché les chameaux. Nous devions alors faire plus de sept kilomètres pour utiliser la presse à huile dans un village voisin » explique Djido Doungous, chef du village et secrétaire général du groupement Al Hilal. Désormais le groupement n’a plus de problème d’approvisionnement. Alors que l’ancienne presse permettait de transformer 40 coros d’arachide (soit 80 kg) en une journée, le rendement actuel a plus que doublé pour atteindre 90 coros par jour.

Hawa Abdulaye est vice-présidente du groupement. « Chaque mercredi je viens presser un à deux coros et repars avec un litre d’huile que j’utilise pour cuisiner. », En tant que membre du groupement, elle paie 100 FCFA (0,15 euro). Accessible à l’ensemble de la population « non-membre » pour 150 FCFA (0,23 euro), la presse à huile génère des revenus pour le groupement. « Aujourd’hui nous avons près de 175 000 FCFA (environ 270 euros) dans la caisse commune », ajoute Djido Doungous. « Nous avons un comité de gestion. » Douze membres assurent le suivi comptable et décident de l’utilisation des revenus générés. « Cela nous permet d’entretenir la presse, mais aussi d’organiser certaines cérémonies, de venir en aide aux personnes vulnérables du village, d’acheter des médicaments ou encore de réparer l’école quand le besoin s’en fait sentir. »
Les revenus générés par la presse à huile permettront de financer aussi le commerce du gombo, de mil et d’arachide. « Nous voulons acheter, stocker dans un magasin, puis revendre là où le prix est plus élevé ». Un projet en amène un autre.

Judith Marie
Communicatrice Secadev / Caritas France


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