| mise en ligne : 08-11-2007 |
Deux semaines après la tentative de l’Arche de Zoé d’emmener une centaine d’enfants hors du Tchad, Abéché reste au cœur de l’actualité internationale. Cet événement intervient dans un climat particulièrement tendu à l’est.
L’ émotion est toujours vive au sein de la population tchadienne et de la communauté humanitaire opérant à l’Est du Tchad. La priorité aujourd’hui est à l’apaisement de la population tchadienne. Le Comité de Coordination des Ong, composé de 16 Ong membres et /ou observatrices, encore en cours de création, a publié un communiqué, ensuite diffusé à la radio, pour notamment, réaffirmer son engagement auprès des populations tchadiennes et des enfants. Le Gouverneur a par ailleurs appelé la population à ne pas assimiler toutes les ONG à l’Arche de Noé. Du côté humanitaire, le mot d’ordre est de : « Continuez de garder un profil bas », nous dit-on à la réunion de sécurité du HCR et d’ « Eviter les lieux publics et les attroupements car, dans un tel climat, un incident anodin peut dégénérer. »
De fait, l’affaire ne se limite pas à la seule association incriminée d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte difficile. L’Etat d’urgence décrété le 16 octobre dernier, au Nord et à l’Est du Tchad, a ensuite été renouvelé pour 45 jours, avec le maintien d’un couvre-feu. En outre, l’accord de Tripoli, signé par le Gouvernement et les quatre principaux groupes rebelles ne paraît pas garantir la région contre des affrontements. Enfin, la force militaire UE devrait se déployer dans quelques semaines ou mois, pour protéger les réfugiés, les déplacés ainsi que les populations locales à l’Est du Tchad. Les conditions de son déploiement restent encore floues pour tous ceux qui, ici, attendent son arrivée.
Entre fidélité et défiance
Les autorités tchadiennes, tout en ayant renouvelé leur soutien aux Ong présentes pour certaines depuis près de quatre ans, souhaitent accroître leur vigilance, s’assurer que toutes les démarches administratives ont été réalisées. L’ensemble des autorisations délivrées au personnel humanitaire international est désormais caduque. Compréhensible au regard des événements, cette décision contraint les ONG à renouveler toutes les démarches effectuées il y a plusieurs mois. Concrètement, les expatriés ne peuvent plus se rendre sur le terrain sans ces autorisations et ne sont donc plus en mesure de poursuivre la mise en œuvre des programmes.
En marge d’Abéché, les équipes humanitaires poursuivent leurs activités auprès des réfugiés et déplacés dans un climat plus serein.
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Judith Marie Communicatrice Secours Catholique / Secadev |