À quelques jours de la présentation du plan d’action pour le logement réalisé par le parlementaire, Etienne Pinte et diligenté par le Premier Ministre, 19 associations en faveur des mal logés présentent collectivement les 13 engagements gouvernementaux qu’elles jugent indispensables pour réussir. « Cela fait trente ans que les politiques successives mènent à un échec constant dans la prise en charge des personnes mal logées », expliquait Hervé de Ruggiero, directeur général de la Fnars, à la conférence de presse qui réunissait, mercredi 10 janvier 2008, les principales associations de lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui, le collectif d’associations dont fait parti entre autres l’Uniopss, le Secours Catholique, les Restaurants du Coeur et la Fondation de l’Abbé Pierre « fait le pari que le gouvernement est enfin prêt.» Fédérées par le principe de lutte contre l’exclusion sociale, il demande au gouvernement d’orienter son plan en trois chapitres : la prévention, l’hébergement et le logement. Ainsi le collectif demande d’élargir le public des centres d’hébergement et des logements sociaux aux personnes sortant d’une institution publique telle que la prison, l’hôpital psychiatrique… Les associations demandent également qu’un moratoire sur les expulsions locatives soit institué jusqu’au 1er décembre 2008.
En ce qui concerne l’hébergement, le collectif souhaite l’unification de ses statuts. « Aujourd’hui, nous faisons face à des centres d’hébergement à multi niveaux. Plus personne n’arrive à s’y retrouver. L’objectif est d’unifier les statuts afin que les associations arrêtent enfin d’avancer de l’argent à l’État », explique Bruno Groués, de l’Uniopss. Le renforcement des moyens humains et financiers de l’accompagnement social semble également indispensable. Aujourd’hui, le suivi social des personnes vivant dans la rue est trop inégal. L’objectif est d’ouvrir ce dispositif à tout le territoire.
Les associations sont particulièrement vigilantes sur la question du logement. « Une situation de crise perdure depuis 25 ans, explique Christophe Robert, directeur des études à la Fondation de l’abbé Pierre. L’état n’est pas au rendez-vous sur le diagnostic et n’est pas assez ambitieux sur la question du logement. » Le collectif souhaite donc que soit retiré au maire qui n’applique pas la loi SRU le permis de construire et qu’il soit remis au préfet. Il demande également la mobilisation de logements supplémentaires dans le parc privé pour mettre en œuvre le droit au logement social.
Selon le collectif, la mise en place d’un pilotage interministériel, l’attribution de moyens budgétaires à la hauteur des besoins, la création d’un calendrier pluriannuel définissant les délais à respecter pour chaque mesure et l’évaluation annuelle de la mise en œuvre du droit au logement opposable garantiraient la réussite du plan d’action.
Clémence Richard >> TELECHARGER LA LISTE DES 13 ENGAGEMENTS |