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Accompagner pour libérer de la précarité à Perpignan
mise en ligne : 01-09-2009

Face à la crise, le Secours Catholique des Pyrénées-Orientales met l’accent sur l’accompagnement personnalisé.

La mine anxieuse, Pascale se demande si elle aura son année, elle qui a obtenu le baccalauréat brillamment à l’âge de 33 ans. Âgée maintenant de 35 ans, cette femme qui élève seule sa fille de 7 ans avec seulement 546 euros par mois, a repris les études il y a deux ans après s’être séparée de son compagnon. Son but : devenir infirmière. Mais son budget en avait décidé autrement. « Le frigo était vide et je n’avais plus une goutte d’essence dans le réservoir de ma vieille R5 », se souvient Pascale. Elle s’est donc tournée vers le Secours Catholique. Au-delà d’une simple aide alimentaire et financière, le Secours Catholique a également participé au financement de ses concours d’infirmière et à l’achat d’une nouvelle voiture, plus fiable que sa vieille R5, pour se rendre à ses stages. Elle vient ainsi d’achever la première année de ses études d’infirmière.

Autonomie.
Le témoignage de Pascale reflète bien l’action que mène la délégation du Secours Catholique des Pyrénées-Orientales depuis plus d’un an, et a fortiori depuis le début de la crise. Entre janvier et avril de cette année, 1 250 personnes supplémentaires ont été accueillies à Perpignan. Par chance, la délégation avait renouvelé son système d’assistance seulement quelques mois avant la crise. « Nous nous sommes aperçus que nos actions dérivaient trop souvent vers de l’assistanat. Finalement, sans le vouloir, nous avons anticipé la crise », explique Jean Meunier, délégué de Perpignan. Le bureau de la délégation a publié en juin 2008 un document transcrivant la nouvelle politique des aides. Son objectif est d’encourager les bénévoles et les salariés à mettre l’accent sur l’accompagnement des personnes pour que celles-ci parviennent vraiment à sortir de la précarité. Ainsi 3 527 personnes ont été accompagnées dans leurs projets de réinsertion en 2008, contre 755 en 2006. Au lieu de fournir une aide alimentaire illimitée à laquelle les personnes accueillies participent pour 10 % de la valeur du colis, le Secours Catholique des Pyrénées-Orientales propose une aide alimentaire gratuite pendant cinq semaines. « Ce laps de temps leur permet d’obtenir le RSA si elles ne l’ont pas et d’être orientées vers des assistantes sociales », explique Jean Meunier. Ensuite, l’aide alimentaire peut se poursuivre moyennant une participation pendant six mois, renouvelable une fois. Durant cette période, on incite les personnes à mener un projet en les soutenant dans cette démarche.
Restreindre les aides d’urgence et augmenter l’accompagnement. Cela peut paraître contradictoire en cette période de crise. Pourtant, « il est essentiel que le Secours Catholique soit présent au moment des coups durs. Il n’y a qu’en accompagnant les personnes quotidiennement dans leur vie que nous pouvons au mieux répondre à un événement difficile », insiste Jean Meunier. La délégation a également mis en place un dossier de liaison avec les assistantes sociales du département en octobre 2008. Un échange d’informations s’est instauré, qui permet de connaître la personne accueillie dans sa globalité et de mieux appréhender l’ensemble des difficultés.

Écoute.
Cet accompagnement se traduit aussi par un accueil plus personnalisé et moins distributif. « Lorsque les personnes arrivent dans nos accueils, nous leur fournissons la première aide d’urgence, mais surtout de l’écoute. Par la suite, nous prenons des rendez-vous. C’est le même bénévole qui s’occupe toujours de la même personne » explique Jacqueline, responsable de l’accueil du vendredi à Perpignan. Toutefois la bénévole reste prudente. « Les gens viennent nous voir car ils ont des besoins matériels urgents. Avec la crise, l’aide d’urgence et le distributif sont aussi indispensables que l’accompagnement. »
Noël, travailleur handicapé, a enfin pu mettre sur pied l’entreprise de traiteur dont il rêvait. Pour Jean Meunier, « le but du Secours Catholique est de rendre tout homme acteur et responsable de ses choix de vie. »

Clémence Richard

L’Europe engage 19 milliards d’euros pour l’emploi
Avec la crise économique, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime entre 210 et 239 millions le nombre de chômeurs. Soit entre 6,5 % et 7,4 % de la population active mondiale (contre 5,7 % en 2007). L’Union européenne a vu son taux de chômage grimper de 6,8 % à 8,6 % en un an. On compte 17 % de jeunes de moins de 25 ans sans emploi.
La Commission européenne a décidé d’engager 19 milliards d’euros pour lutter contre le chômage. Renforcer la formation professionnelle des jeunes et soutenir le micro-crédit destiné à faciliter la création d’entreprises, tels sont les principaux leviers envisagés. L’Union européenne prévoit d’affecter en tout 77 milliards d’euros jusqu’en 2013 au Fonds social européen, consacré au soutien à l’emploi et à la réduction des écarts de niveau de vie.

LA CRISE POUR HORIZON



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« Les premiers touchés par la crise seront les derniers à en sortir »



   Face à la crise sur les sites des délégations
Les actions menées et les témoignages.

Caritas Team   Course solidaire du Secours Catholique le jeudi 17 septembre 2009 de 11h à 14h dans le jardin du Luxembourg




    Face à la crise, tous solidaires


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