Bernard Schricke, directeur de l’Action France et institutionnelle au Secours Catholique. - Quel est l’impact de la crise dans les délégations du Secours Catholique ? Bernard Schricke : Nous notons une hausse de plus de 20 % (jusqu’à 60 % dans certaines délégations) du volume des secours apportés au premier trimestre 2009, par rapport au premier trimestre 2008. Mais la crise n’explique pas tout. Les dysfonctionnements liés à l’arrivée du RSA, la restructuration des Caisses d’allocations familiales, avec la mise en œuvre du Pôle emploi, ont également pu provoquer cette augmentation. En outre, notre public, dont 90 % vit déjà sous le seuil de pauvreté, n’est pas directement concerné par les premiers effets de la crise.
- Il le serait dans un deuxième temps ? Oui, car les gens qui en temps ordinaire ont le plus de difficultés, sont aussi ceux qui ont le plus besoin de croire en la possibilité d’une insertion. En voyant que la crise frappe ceux qui ont un emploi, ils peuvent être tentés de baisser les bras. Notre défi principal réside dans l’accompagnement qui leur est nécessaire pour rester mobilisés, et pour qu’ils cessent de croire qu’une personne ne vaut que par son activité professionnelle.
- Comment envisagez-vous les mois à venir ? Il y aura une deuxième vague de personnes en difficulté. Actuellement, parmi les victimes directes de la crise, on voit surtout ceux qui étaient en contrat de travail précaire ou d’intérim. Mais dans quelques mois, les licenciés d’aujourd’hui seront arrivés en fin de droits, et s’ils n’ont pas retrouvé d’emploi, ils connaîtront les pires difficultés.
Recueilli par Catherine Rebuffel |