Dario Echeverri est secrétaire général de la Commission de conciliation nationale. Pourquoi avoir accepté d’accueillir Rodrigo Granda au siège de la conférence épiscopale ? Pour une raison humanitaire et avec l’idée que ce geste pourrait permettre de faire avancer le processus de paix. Et non pas comme cela a été dit à la demande du gouvernement mais bien de Rodrigo Granda lui-même. Cette affaire est une affaire politique qui cache d’autres interêts : électoraux, internationaux, économiques… L’Eglise ne peut pas oublier son but principal : avancer vers la paix et prendre la défense des victimes et de tous les otages. C’est l’occasion de dire à M. Sarkozy que la problématique des otages, ce n’est pas seulement Ingrid et les 53 autres, mais les 2000 otages retenus par la guérilla, dont Ingrid Betancourt.
Selon vous, quel est l’avenir du processus de paix en Colombie ? Le thème de la paix doit être travaillé selon des voies différentes et parallèles avec tous les acteurs du conflit. Dans ce processus, il doit y avoir un moment de convergence. Pour l’instant on travaille séparemment. Avec les paramilitaires, le grand défi consiste à résoudre l’apparition d’un paramilitarisme de “troisième génération”. Avec l’ELN le processus de négociation est en cours et avance de manière significative. Mais c’est un processus très fragile. Avec les FARC, il y a ce processus de l’échange humanitaire. Ce serait le premier pas. Mais il convient de rechercher un véritable dialogue pour la paix. Aussi bien pour les uns que pour les autres, l’horizon ne s’arrête pas aux accords de paix, l’horizon, c’est la véritable réconciliation des Colombiens. Pour cela, nous avons intensifié notre travail par la formation de commissions de conciliation régionales. La commission de conciliation nationale va continuer, inlassablement, à proposer au pays de définir la paix et la réconciliation comme politique d’Etat. Propos recueillis par notre envoyé spécial en Colombie Stephane Fernandez |