De la gestion de l’urgence aux programmes d’actions de long terme, le Père Herman Fernando, directeur de la Caritas de Galle explique le travail déjà accompli par ses équipes et les actions en cours. Propos recueillis par notre correspondant Francesco Paletti. Un mois après la terrible tragédie du 26 décembre, quelles images vous reviennent en mémoire ?
Celles de deux ou trois mille personnes réfugiées sur la colline sur laquelle se trouvent la cathédrale et la maison diocésaine. Des scènes auxquelles je n’aurais jamais imaginé assister de ma vie : des immeubles complètement détruits par la vague, des voitures, des autobus, des bateaux échoués dans les rues. Des parties entières de la ville presque rasées par le tsunami.
Quelle a été la réaction de Caritas à ce moment ?
Nous avons fait de notre mieux. Dans un premier temps, nous avons immédiatement sollicité l’aide des diocèses épargnés et collecté des denrées alimentaires que nous avons distribué à autant de sinistrés que possible. Nous avons également été impliqués dans l’identification des corps. Je crois que c’est le pire travail que l’on puisse avoir à faire dans une telle situation.
Aujourd’hui, quelles sont vos actions ?
Actuellement nous nous occupons principalement des abris temporaires. Nous avons commencé à travailler dans le quartier de Habaraduwa à Galle et nous prévoyons de distribuer 3 000 tentes sur tout le diocèse. Nous poursuivons également la distribution de rations alimentaires et de médicaments. Mais le plus gros du travail est devant nous : des milliers de personnes ont vraiment tout perdu, elles ont tout juste les vêtements qu’elles portaient le jour de la catastrophe. Nous devons aussi prendre en considération l’état psychologique des victimes, cette catastrophe a eu des aspects particuliers.
Qu’entendez-vous par aspects particuliers ?
L’un d’entre eux concerne les personnes qui vivaient aisément avant la catastrophe et qui se retrouvent subitement dans un grand dénuement. De même, une partie de la classe moyenne a basculé dans la pauvreté. C’est notamment le cas de tous les habitants de la côte sud qui étaient très actifs avant le tsunami dans l’économie du tourisme et l’industrie de la pêche.
Quand allez-vous débuter la construction des maisons ?
Je ne peux hélas pas vous donner de réponse tant que le gouvernement n’aura pas clarifié certains points, comme celui des emplacements constructibles sécurisés sur les premiers mètres en partant de la mer. S’il ne nous précise pas ces emplacements sécurisés, il nous est impossible de donner des délais.
La question des espaces constructibles sécurisés est très discutée, tant au niveau des hautes sphères politiques qu’au sein même de la population. Qu’en pensez-vous ?
Honnêtement, je pense que ces espaces pourront être utiles. Ce n’est bien sûr pas la seule solution, mais je crois qu’ils pourront aider la population côtière à se défendre des catastrophes naturelles.
Que répondre au grand nombre de pêcheurs qui ont peur de perdre leur travail en étant réinstallés à plusieurs kilomètres de la côte ?
Pour vous donner un exemple concret, à Galle devant Port Dutch, il y avait une flotte de 81 bateaux. Les propriétaires venaient d’un village distant de 12 miles, ce qui leur posait problème. Je crois que quelques entrepôts construits le long de la côte dans lesquels les pêcheurs pourraient déposer leur matériel pourraient être une solution. |