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Bolivie sur la brèche
mise en ligne : 01-07-2005

Oscar Bazoberry, directeur général de CIPCA, le partenaire local du Secours Catholique en Bolivie, commente l'actualité du pays.

Quelles sont les implications de ce nouveau changement à la tête de l'État pour la population la plus pauvre ?
 
Les changement qui se sont produits ces dernières semaines peuvent retarder le débat et la mise en route d'une série de demandes qui proviennent de différents secteurs sociaux : installation d'une Assemblée constituante, nationalisation des hydrocarbures et approfondissement de la décentralisation. Si l'on veut regarder les choses du point de vue optimiste, on pourrait argumenter que ces changements peuvent générer les conditions nécessaires pour débloquer la confrontation entre forces sociales, pour trouver des sorties raisonnables pour les différents groupes dans le traitement et la réalisation de ces principales demandes. Dans les prochains mois, nous allons certainement assister à une nouvelle donne politique. Les vieux partis politiques et les nouveaux acteurs électoraux vont tenter de s'entendre pour gagner la majorité des suffrages. Nous sommes dans l'antichambre d'un nouveau gouvernement qui aura des difficultés pour surmonter les limitations du système politique et pour améliorer ses relations avec la population. Dans une grande mesure, cette difficulté structurelle de gouvernance doit être reliée au contexte international et aux intérêts particuliers des États puissants comme les États-Unis, l'Union européenne et les pays voisins qui ne partagent pas l'orientation du mouvement social en Bolivie. Dans le contexte actuel, ces changements ne vont pas réduire même à la marge la pauvreté dans ce pays. Les principaux acteurs sociaux ont des espérances à long terme. À court terme, le coût social sera assez élevé.

Quel est le rôle que peuvent jouer les ONG ou une organisation comme CIPCA ?

Les ONG ont beaucoup de chose à dire et à faire même si dans un contexte aussi tendu et délicat, les actions devront se mesurer quant aux effets indirects qu'elles peuvent avoir sur la tension qui existe entre les différents acteurs politiques et sectoriels du pays. L'objectif central, au moins de certaines d'entre elles, demeure de générer les meilleures opportunités pour les pauvres le plus rapidement possible. Pour cela, il faut approfondir la capacité d'analyse, de réflexion, en relation avec le travail des communautés paysannes et indigènes de sorte que les impératifs de la "globalisation" se combinent avec les besoins de la population de ce pays dans chacune de ses régions.

Existe-t-il des risques de manipulations ou de sortie non démocratique de cette crise ?

Une dérive dictatoriale ou armée est toujours un risque. Il ne faut pas perdre de vue ce qui s'est passé en Irak… Mais, on ne peut pas, on ne doit pas travailler avec ces doutes dans nos têtes. Nous les rejetons fermement. Et si ces risques se concrétisaient, nous devrons les combattre.



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