La «maison Secours Catholique» se réjouit au constat que la première encyclique de Benoît XVI rejoigne un sujet qui est sa raison d’être. Tout homme est aimé de Dieu, C’est ce qui fait la valeur et la dignité de chacun. L’Esprit d’amour travaille nos vies et nous entraîne à nous bouger pour regarder le frère, surtout le plus fragile, avec le regard même de Dieu. Regarder et se laisser toucher, oser ouvrir une relation, construire avec le frère un monde renouvelé.
On est content parce que le pape braque le projecteur sur un secteur où nous investissons une bonne part de notre vie. Et en plus il nous adresse une parole de reconnaissance et de remerciement. C’est encourageant.
Mais on n’est pas quitte, car nous sommes invités à aller au cœur même de la foi de l’Eglise et de notre foi, à ce centre vital où nous jouons le sens de notre humanité. Nous savons bien que, si notre amour veut prolonger celui de Dieu et lui donner cœur et corps, il faut qu’il soit alimenté, purifié au contact de la fournaise de l’amour de Dieu. Nous aurons grand intérêt à lire, méditer et travailler la première partie de l’encyclique, la seconde nous étant plus familière.
La source et la rivière
On peut être sensible au côté efficace du Secours, aux moyens professionnels investis, aux compétences mises en œuvre. On peut contempler toutes les ramifications de la rivière dans la plaine du monde. Mais, si nous ne remontons pas à la source, nous passons à côté de quelque chose d’essentiel.
Ce qui frappe, dans le raisonnement de Benoît XVI, c’est le parti pris d’unité mis en avant, tout aussi bien entre Dieu et l’homme, entre l’esprit et le corps, entre justice et charité, entre chaque personne et son semblable au-delà des différences de religion, de race ou de culture : - Dieu aime l’homme d’un amour d’attachement, de passion - L’homme qui aime son frère aime Dieu dans le même mouvement ; - On ne peut séparer corps et esprit : l’amour par excellence c’est l’amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l’âme concourent inséparablement ; - Qui veut le bien de l’homme œuvre pourla justice. Mais « l’homme, au-delà de la justice, a et aura toujours besoin de l’amour. » - La foi qui nous habite nous entraîne à nous faire proche du frère ; dans l’autre sens, quand nous nous faisons proche de l’autre, nous construisons un chemin spirituel.
La fleur et la plume
« Deus caritas est » est une encyclique d’un genre un peu particulier. D’abord son sujet : l’amour ! Est-il valeur plus essentielle ? Ensuite son style : un cours bien construit, ou plutôt une méditation qui donne du souffle à nos chemins d’humanité, avec des concepts modernes et concrets. Cela dégage une impression, fondée, d’optimisme humain et chrétien.
Sans doute peu de chrétiens lisent-ils les encycliques. On cueille quelques bribes dans les médias et parfois les homélies de M. le curé. Pourquoi ne pas se lancer un défi ! Prendre un crayon et un stabylo, et labourer le texte pour qu’il donne fleur et fruit. On en sort bonifié.
Jo Rival, aumônier général Pour consulter le texte intégral, cliquez ici |