Revenir à l’accueil de la rubrique

Admission de la Palestine à l’ONU : une étape dans la bonne direction

21/09/2011

Tribune de François Soulage, président national du Secours Catholique, sur le prochain examen, mardi 20 septembre, de la demande d’admission de la Palestine comme État membre de l’ONU, et position de notre association sur ce sujet.

La Palestine est sur le point de voir examinée sa demande d’admission comme État membre de l’ONU. Le Secours Catholique souhaite que cette demande aboutisse et que l’État palestinien, dans ses frontières de 1967, devienne le 194e État membre des Nations unies. Depuis toujours, nous sommes engagés dans cette région du monde. D’abord pour venir en aide aux réfugiés palestiniens et aux victimes des divers conflits ayant affecté la région, mais également par notre action de soutien à des projets sociaux et de promotion de la paix.

Notre vocation n’est pas de prendre des positions politiques partisanes. Notre action vise à soutenir les victimes et les défavorisés de ce monde. Le Secours Catholique s’informe et agit sur les situations locales par ses contacts avec l’Église catholique et la Caritas des pays concernés et d’autres organisations actives sur le terrain.

Nous constatons la situation de profonde injustice qui affecte la population palestinienne à Gaza et en Cisjordanie, Jérusalem-Est y compris. Cette situation est dénoncée par les résolutions des Nations unies qui condamnent l’acquisition de territoires par la force, alors que le droit international s’oppose à la colonisation. Cet état de fait qui se prolonge porte atteinte à la dignité de cette population. Le récent Printemps arabe a montré à quel point l’aspiration à la dignité était inscrite dans le cœur des populations arabes. Ceci est vrai également de la population palestinienne. Par-delà les problèmes économiques et sociaux très sérieux qui affectent les Palestiniens (approvisionnement en eau, pauvreté monétaire, chômage, accès aux terres cultivables, aux équipements de santé, aux services publics, aux sanctuaires religieux, etc.), il faut noter que le sentiment d’injustice nourrit la revendication de dignité.

Le conflit Israël-Palestine n’est pas un conflit religieux, mais un conflit entre deux peuples qui professent principalement trois religions. L’échec des efforts entrepris depuis presque deux décennies pour résoudre le conflit israélo-palestinien justifie une initiative nouvelle. Certes, une reconnaissance d’un État palestinien ne résoudra pas comme par miracle les graves problèmes auxquels il reste à trouver une solution, comme préalable, composante ou conséquence d’une paix juste : sécurité des deux États (Israël et Palestine), frontières, réfugiés palestiniens, statut de Jérusalem, etc. Une telle reconnaissance sera simplement une étape dans la bonne direction, après quarante-quatre ans d’occupation de la Palestine. Une mesure nécessaire dans le climat actuel de blocage des négociations de paix, de risque de reprise de violences accrues, de détérioration du climat politique régional.

Nous ne disposons pas de solution diplomatique ou politique pour une paix juste dans la région. En proposer une irait au-delà de notre capacité et de notre rôle. Nous ne prenons position qu’en faveur des victimes de situations d’injustices, qu’elles soient économiques, sociales ou politiques. Nous nous félicitons de la revendication de dignité des acteurs locaux, premier pas indispensable pour qu’ils deviennent les artisans de leur propre développement, économique, politique et culturel.

François Soulage, président national du Secours Catholique

Voir aussi

Sur les mêmes thèmes

Commentaires

Masquer les commentaires
  • Bonjour, Etant bénévole au Secours catholique j’ai été surpris, pour ne pas dire assez troublé, par la tribune de Monsieur François Soulage, publiée dans le journal la Croix du 20 septembre.

    J’ai eu la chance de faire un pèlerinage en Terre sainte en 2009, et j’ai bien pris conscience à cette occasion de l’attitude inadmissible de l’état d’Israël vis-à-vis des Palestiniens, de leurs violations des droits de l’homme, du scandale que représente le "mur", et du désespoir des habitants de ce territoire mité par les colonies, que l’on appelle Palestine.

    Je suis donc tout à fait favorable à une reconnaissance internationale d’un état palestinien, mais aussi très conscient des risques de représailles (en général très excessives) dont Israël est le champion, des risques de blocage du soutien financier à la Palestine, des risques de rallumer la guerre...

    Aussi, j’aimerais savoir si Monsieur François Soulage, lorsqu’il engage le Secours catholique dans son propos, le fait en son nom propre (ce que je qualifierais d’abus de pouvoir) ou au nom du bureau national du Secours catholique. Et je pense qu’une telle prise de position, si elle n’est pas vraiment argumentée, expliquée, et adoptée par l’ensemble des membres du Secours catholique, risque de provoquer des réactions très négatives.

    Merci de me rassurer !

    Répondre à ce message

Laisser un commentaire


Un modérateur est susceptible de ne pas publier toute contribution qui ne serait pas en relation avec le thème de l’article, la ligne éditoriale du site, ou qui serait contraire à la loi. Vous ne pouvez pas indiquer de lien vers des sites Web ni dépasser 800 caractères. Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression de vos contributions.
Une question ? Utilisez le formulaire de contact pour recevoir une réponse.

Qui êtes-vous ? (optionnel)
Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • * Champs obligatoires