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Rapport statistique : Ressources, crise et pauvreté

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09/11/2010

Le rapport annuel du Secours Catholique insiste sur l’insuffisance des moyens financiers pour un nombre croissant de personnes en France.

Durant l’année 2009, au plus fort de la crise, le Secours Catholique a accueilli 637 000 situations de pauvreté, représentant 1 480 000 personnes, soit 80 000 de plus qu’en 2008 (798 000 adultes et 682 000 enfants). Avec 815 euros de revenu médian [1], 94 % des situations se situent sous le seuil de pauvreté (970 euros).

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E. PERRIOT / S.C.
Le revenu médian des familles est inférieur au seuil de pauvreté en France.

Le nombre de chômeurs bondit dans les accueils, pour atteindre 41,9 % des demandeurs d’aide en 2009, contre 38,6 % en 2008. Les couples avec enfants sont également plus nombreux, conséquence de la crise et signe que « lorsqu’un des deux parents perd son emploi, la famille peut se trouver en difficulté », souligne Dominique Saint-Macary, responsable des statistiques au Secours Catholique. Même ceux pourvus d’un emploi s’adressent de plus en plus à l’association en 2009. Le nombre des travailleurs pauvres ne recule pas, malgré l’apport du RSA en complément de l’activité.

Budget des familles.

Les statistiques du Secours Catholique s’intéressent plus particulièrement cette année aux budgets des familles. Un échantillon de 1 163 situations a été analysé. Le revenu médian est de 938 euros [2], allocation logement incluse. Il est donc inférieur au seuil de pauvreté, estimé à 970 euros.

Face à cela, les dépenses augmentent, en particulier le loyer, le chauffage, l’alimentation. Parmi ces dépenses, l’étude distingue entre celles qui sont “contraintes” – loyer, énergie et chauffage, transports collectifs, assurances… – et celles qui ne le sont pas, comme l’alimentation, l’habillement, la voiture, les loisirs.

Les dépenses contraintes de l’échantillon atteignent 580 euros pour un couple avec deux enfants. Elles pèsent moins dans ce cas (56,6 % de ses revenus) que sur une personne seule – 70,1 % de son revenu pour 410 euros de dépenses contraintes. Explication : les familles avec enfants reçoivent plus de prestations sociales que les personnes seules.

Déficit.

Parmi les dépenses dites “souples”, l’alimentation est celle qui pèse le plus lourd, de 150 euros par mois pour une personne seule à 315 euros pour un couple avec deux enfants. Au total, toutes dépenses confondues (y compris la charge de la dette), les charges atteignent 685 euros pour une personne seule (contre 585 euros de revenus) et 1 150 euros chez un couple avec deux enfants (contre 1 025 euros de revenus). On voit donc bien que le solde est négatif, de 100 euros dans le premier cas et de 125 euros dans le second. Là encore, la faible différence peut s’expliquer par les prestations sociales. Mais c’est le couple sans enfant qui s’en sort le moins bien, avec 219 euros de déficit mensuel.

Endettement. Dans ces conditions, comment les familles font-elles face ? Elles s’endettent et ont de fréquents découverts bancaires. La médiane de l’ensemble des remboursements (prêts, cartes de crédit, impayés de loyer) est de 120 euros par mois. Cette charge de la dette atteint 200 euros chez les couples avec deux enfants.

Malgré l’endettement, la situation des personnes accueillies serait intenable sans l’apport de l’“informel” – petits travaux, entraide, échanges de services, aide alimentaire et vestimentaire…

Il reste un gisement de ressources insuffisamment exploité, celui du recours aux droits sociaux. Le RSA complément d’activité, trop complexe, trop dépréciant, est encore loin de faire le plein de ses bénéficiaires potentiels, la loi sur le Droit au logement opposable est mal appliquée faute de logements, le tarif social de l’électricité est peu demandé, car compliqué lui aussi… Pierre Levené, secrétaire général du Secours Catholique, insiste « pour que l’accès aux droits soit effectif dans notre pays ».

Les articles du dossier « Ressources : vivre avec moins de 1000 euros par mois » :

Source Messages n° 651 - novembre 2010

Notes

[1] La médiane est la valeur telle que la moitié des valeurs lui est inférieure et l’autre moitié supérieure. Pour évaluer un niveau d’ensemble, c’est un instrument meilleur que celui de la moyenne, très sensible aux valeurs extrêmes. Quand la moyenne des impayés des ménages est de 2 133 euros, la médiane n’est, par exemple, que de 765 euros.

[2] La différence de 123 euros avec les ressources de l’ensemble des familles accueillies s’explique par la présence de personnes n’ayant aucune ressource dans l’étude statistique d’ensemble, ce qui n’est pas le cas des 1 163 familles de l’échantillon “budget ”.