Ces populations ont quitté leurs localités en raison des violences et des affrontements postélectoraux en Côte d’Ivoire, consécutifs à la contestation par les deux candidats des résultats du second tour de l’élection présidentielle à la fin du mois de novembre.
Les populations fuient les violences
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 200 000 personnes ont quitté les communes d’Abobo et d’Anyama, théâtres d’affrontements armés, pour se réfugier dans les autres communes d’Abidjan et dans les villages autour d’Anyama. Plus de 6 000 parmi ces déplacés internes se répartissent dans une vingtaine de sites d’accueil et les autres dans les familles d’accueil dans les communes et villages d’Abidjan, Anyama et Agboville. Certains ont commencé à rentrer dans leurs localités d’origine.
À l’extérieur du pays, notamment au Liberia et en Guinée, selon le HCR, 38 000 Ivoiriens ont été accueillis par la population locale ou dans des camps.
Jean Djoman, directeur du département Développement et Promotion humaine de la Caritas Côte d’Ivoire, témoigne : « La peur se nourrit des rumeurs sur d’éventuelles attaques des Forces nouvelles contre tel ou tel quartier. Les gens n’osent pas sortir travailler. Ils organisent la surveillance de leur zone, et se barricadent chez eux. Les gens ont peur de sortir des villages pour se rendre aux champs, du fait de la présence d’hommes en armes. Des civils commencent à s’armer » [1]
Réponse à l’urgence du Secours Catholique
Le Secours Catholique soutient plusieurs projets de réponse à l’urgence humanitaire.
Le premier projet concerne Abidjan et les communes voisines d’Anyama et d’Agboville. Il vise à apporter une assistance à 20 000 personnes déplacées internes sur ces différents sites et en particulier aux familles qui les accueillent. Environ 20 000 personnes déplacées, qui sont majoritairement des femmes et des enfants de 0 à 17 ans, sont prises en charge pendant au moins trois mois dans les principaux sites d’accueil et dans certaines familles d’accueil. Sont prioritairement assistés les enfants, les femmes enceintes, les nourrices, les malades, les personnes âgées et les handicapés.
Le second projet vise à apporter une assistance humanitaire d’urgence à 5 000 personnes déplacées internes ainsi qu’à 2 000 personnes de 400 familles d’accueil constituées majoritairement de femmes et d’enfants dans plusieurs localités du département de Zouan-Hounien, le long de la frontière ivoiro-libérienne. Ce projet comporte un soutien alimentaire et nutritionnel à ces populations pendant au moins trois mois, ainsi qu’un volet santé, un accès à l’eau potable et à l’assainissement, et enfin un volet de scolarisation et d’activités avec les jeunes. Il bénéficie d’un soutien financier du Ministère des affaires étrangères pour un montant de 130 000 euros.








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