
- Crédit : Xavier Schwebel/Secours Catholique
Dès 1992, Caritas Mali a lancé un programme de soutien à ces battants du pavé. Depuis lors, son engagement s’est toujours maintenu, à l’image du projet appuyé aujourd’hui par le Secours Catholique-Caritas France. Son objectif ? Améliorer la politique de l’État en matière de protection de l’enfant et favoriser le retour de celui-ci dans sa famille. Des maraudes organisées par Caritas avec le Samu social local permettent de repérer ces errants. On leur explique qu’ils seront accompagnés s’ils s’impliquent dans le projet éducatif proposé.
Deux centres d’écoute – l’un accueille 250 garçons par an, l’autre 30 filles – et des foyers d’hébergement sont désormais à leur disposition : un de ces derniers reçoit 15 jeunes filles déterminées à arrêter la prostitution et à suivre un apprentissage. Par ailleurs, des enfants souhaitant revenir dans leur village sont pris en charge dans une maison où leur sont donnés une formation agricole et des cours d’alphabétisation fonctionnelle.
Le retour de Kamissa au village
Kamissa, une adolescente, illustre le sérieux coup de pouce donné par les animateurs du projet aux jeunes accompagnés. À Bamako, maltraitée par la personne qui l’avait engagée comme aide-ménagère, la villageoise abandonne ce métier et devient une habitante de la rue. Par bonheur, des mois plus tard, une équipe de Caritas parvient à la rencontrer : elle l’invite à rejoindre sans tarder le centre pour filles. Ce que fait Kamissa le 2 juin 2010. Le dialogue renoué avec Kamissa, ses hôtes partent alors en quête de sa famille. Durant dix mois, ils vont tout tenter pour faciliter son retour à Gouala, son village natal, où ses parents habitent toujours.
Le 28 avril 2011, la mère de Kamissa fait le voyage dans la capitale. Elle visite sa fille et les responsables du centre. L’occasion pour le père, représenté par son épouse, de se dire « disponible pour recevoir sa fille au village ». Le 24 mai, Kamissa, désormais mère d’un petit garçon, quitte Bamako pour Gouala, en compagnie de Kéganian Delphine Dembélé, une éducatrice. « Ses parents l’accueillent bien, témoigne celle-ci. Je leur ai expliqué les objectifs de notre voyage et du foyer pour filles de Caritas et je les ai mis en garde contre les dangers que courent les enfants vivant dans la rue. »








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