
- Crédit : Élodie Perriot/Secours Catholique
L’action du Secours Catholique-Caritas France et du réseau Caritas face à l’urgence
L’ensemble du réseau Caritas s’est également mobilisé pour soutenir les Haïtiens et prêter main-forte à Caritas Haïti, dont le personnel a été lui-même très affecté par le séisme. Un mécanisme de coordination animé par Caritas Internationalis a été mis en place dès les premiers jours. Il a permis de définir rapidement une réponse unique à l’urgence et de coordonner l’action des nombreux partenaires du réseau Caritas présents sur place (France, Autriche, Suisse, Irlande, États-Unis, Mexique...).
Pour répondre aux besoins d’urgence de la population sinistrée, l’action du réseau Caritas s’est concentrée dans les premiers mois sur l’apport de vivres, les traitements médicaux, la mise en place de réseaux d’assainissement dans les camps et la création d’abris temporaires. Plus de 2,3 millions de personnes ont été soutenues par cette aide, 1,5 million de personnes ont reçu de l’aide alimentaire et 400 000 ont bénéficié des programmes de santé de Caritas. À Port-au-Prince et dans les zones rurales, le réseau Caritas a fourni des abris d’urgence ou des maisons temporaires à près de 160 000 personnes.
Parallèlement à ces actions d’urgence, le réseau Caritas a travaillé en étroite collaboration avec les autres ONG et organisations internationales présentes sur le terrain. Le réseau Caritas a défendu l’importance de respecter la souveraineté des Haïtiens lors de la conférence internationale des donateurs qui s’est tenue au siège des Nations unies à New York le 31 mars 2010. Les Haïtiens doivent être les acteurs de la reconstruction de leur pays.
50 ans d’engagement du Secours Catholique en Haïti
L’engagement du Secours Catholique en Haïti s’inscrit dans la durée. Présente dans le pays depuis 1964, l’association soutient des projets de développement en milieu rural qui sont mis en œuvre par ses partenaires locaux. Le Secours Catholique appuie l’action des acteurs sociaux engagés dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.
Il soutient en particulier Caritas Haïti au niveau national et diocésain, la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) et la Commission épiscopale justice et paix. Le Secours Catholique concentre la plupart de ses activités en milieu rural, dans les diocèses des Cayes, de Jérémie et de Gonaïves notamment.
Le séisme qui a frappé la capitale, Port-au-Prince, s’est répercuté sur tout le pays. Si certaines régions ont moins souffert de destructions matérielles, elles ont dû faire face à l’arrivée de nombreux déplacés victimes du séisme et n’ont guère bénéficié de l’aide internationale humanitaire concentrée sur la capitale. Pour pallier ces manques, le Secours Catholique a, dès le lendemain du séisme, intensifié ses programmes de développement dans les zones rurales isolées. Aux Cayes, le soutien au développement durable des communautés paysannes a été renforcé avec un nouveau financement de 300 000 euros. Ce projet bénéficie à 7 000 personnes supplémentaires réparties dans cinq communes du département du Sud. Il inclut notamment la livraison de matériel agricole et de semences.
Les défis de la reconstruction du pays
La phase d’urgence qui a suivi le séisme s’est prolongée pendant plusieurs mois et n’est toujours pas terminée. Le Secours Catholique commence malgré tout à lancer des programmes de réhabilitation et de reconstruction.
Plusieurs facteurs permettent d’expliquer que cette phase d’urgence se soit prolongée. Depuis le séisme, le pays a souffert de nouvelles catastrophes. En février, le Sud a subi de fortes inondations qui ont dévasté les cultures et détruit les infrastructures. La saison des cyclones, qui s’étend de juin à novembre, a ralenti les travaux de déblaiement. L’ouragan Tomas, accompagné de fortes pluies ayant entraîné des inondations, a fait 21 morts au début du mois de novembre. À ces phénomènes climatiques, il faut désormais ajouter l’épidémie de choléra, qui a déjà fait plusieurs milliers de victimes.
L’action des ONG est également ralentie par l’absence de décision gouvernementale et de schéma directeur pour définir les modalités de reconstruction du pays et de la ville de Port-au-Prince en particulier. Les prises de décisions politiques nécessaires ont été différées jusqu’aux échéances électorales du mois de novembre. De plus, l’administration haïtienne a également été très touchée par le séisme. De nombreux fonctionnaires ont péri et les bâtiments administratifs ont été détruits ou rendus hors d’usage.
Dans ce contexte, le Secours Catholique concentre ses actions dans les régions rurales moins dépendantes des plans de reconstruction et dans lesquelles l’aide internationale est limitée. Les phases pilotes des projets sont déjà en cours, notamment dans la localité de Cap Rouge où plusieurs maisons témoins ont été réhabilitées. Dans cette localité du sud-est du pays, l’ONG CRAterre, partenaire du Secours Catholique, a effectué un diagnostic des besoins en matière de réhabilitation et de formation des capacités locales pour permettre la reconstruction de 100 maisons.
Trois axes prioritaires pour le développement d’Haïti
Le Secours Catholique a défini avec ses partenaires trois axes d’actions prioritaires pour les cinq années à venir. Les programmes de réhabilitation et de reconstruction mis en place doivent permettre de développer la production agricole, de promouvoir l’accès des enfants à l’éducation et de reconstruire des logements et des infrastructures.
Dans le domaine de l’éducation, le Secours Catholique finance à hauteur de 2 millions d’euros la reconstruction de l’école Saint-Martin à Delatte, dans la commune de Petit-Goâve.
Ces actions correspondent aux principaux besoins des populations bénéficiaires et à l’expérience accumulée depuis de nombreuses années par l’association en Haïti. L’ouverture d’un bureau du Secours Catholique à Port-au-Prince au mois de juillet a permis d’étudier la viabilité des programmes de reconstruction. Cette équipe, chargée du suivi et de l’évaluation des projets, garantira une utilisation optimale des ressources sur une période de cinq ans.







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