
- Crédit : L. Urrego / Secours Catholique
Le Secours Catholique a collecté plus de 12,7 millions
d’euros pour venir en aide aux Haïtiens après
le tremblement de terre du 12 janvier. Comment cet
argent est-il employé ?
Depuis le lendemain de la catastrophe et jusqu’à
aujourd’hui, nous gérons l’urgence. Il s’agit donc d’une
urgence qui dure, nécessitant de répondre aux besoins
de base (ndlr : aide alimentaire, eau, assainissement,
abris) pendant probablement encore un an. Très vite,
nous avons également mis en place des programmes
de « travail contre rémunération », permettant à la fois de
procurer un revenu aux plus démunis et de commencer
les opérations de déblaiement qui sont incommensurables.
On estime qu’il faudrait 1 000 camions par jour
pendant 1 000 jours pour faire place nette. Et il n’y a
pas 1 000 camions !
Quand la reconstruction va-t-elle pouvoir commencer ?
Actuellement, nous avons fourni aux familles des
abris provisoires, des tentes, le plus souvent. Nous
allons vite améliorer ce provisoire car il risque de durer
plusieurs années. Il s’agira de maisonnettes en dur, bon
marché, capables de résister aux pluies et aux cyclones,
mais qui ne seront pas des maisons définitives. Nous
allons utiliser les compétences locales et privilégier
les constructions traditionnelles, avec l’appui d’une
ONG française d’architectes, « Cratère », et de la Caritas
suisse, spécialisée dans les projets de reconstruction.
Mais tout cela devrait durer au moins cinq ans, car nous
sommes dépendants des décisions administratives que
doivent prendre les autorités.
Dans le domaine de la réhabilitation, sur quels points
allez-vous pouvoir agir plus rapidement ?
Nous avons relancé des activités économiques,
notamment de production agricole, pour ne pas rater
la nouvelle saison. Nous allons également soutenir
des groupements de femmes qui commercialisent des
produits agricoles ou artisanaux. Nous aidons aussi
les familles à renvoyer les enfants à l’école, en payant
les uniformes, en finançant du matériel pédagogique
et en attribuant des bourses. Nous nous impliquons
par ailleurs dans la réhabilitation de bâtiments scolaires,
en association avec la Caritas suisse et celle des
Pays-Bas.
Quel sera votre apport spécifique par rapport aux
autres Caritas ?
Nous travaillons dans une optique multidimensionnelle,
où la personne est prise dans sa globalité : il
s’agit non seulement de redonner un toit aux sinistrés,
mais aussi de les accompagner vers l’autonomie, de voire
une amélioration, par rapport à la situation d’avant
le séisme. Pour cela, nous sommes en lien avec des
ONG de la société civile, comme « Pabda », qui agit pour
l’autosuffisance alimentaire en milieu rural, limitant
ainsi l’exode vers la ville.
Nous travaillons en outre en partenariat étroit avec les
Caritas diocésaines d’Haïti, qui connaissent la population
et ses besoins mieux que personne.
Propos recueillis par Catherine Rebuffel







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