
Engagement du Secours Catholique en Haïti avant le séisme
Les principaux axes d’intervention du Secours Catholique avant le séisme étaient :
Le soutien aux activités de la Caritas diocésaine des Cayes dans le domaine de l’agriculture, de la santé et de la promotion des droits des femmes ;
Le soutien aux activités de la Caritas diocésaine de Jérémie dans le domaine de la promotion des droits des femmes ;
Le soutien à la Caritas nationale d’Haïti dans une démarche de renforcement des capacités selon la méthodologie DI/RO (Développement Institutionnel/Renforcement Organisationnel) ;
Le soutien aux activités des Caritas diocésaines de Cap-Haïtien et Port-de-Paix (via la Caritas nationale) dans le cadre d’un programme de réhabilitation de systèmes d’adduction d’eau suite aux cyclones de 2008 ;
Le soutien aux activités de la Commission épiscopale Justice et Paix dans le cadre de l’observation des phénomènes de violence et des atteintes aux droits de l’homme ;
Le soutien aux activités de la PAPDA dans le cadre d’un échange d’expériences entre organisations paysannes haïtiennes et le Mouvement brésilien des paysans Sans-Terre (MST) dans le département de l’Artibonite.
Mobilisation du Secours Catholique dans le cadre de la phase d’urgence suite au séisme du 12 janvier 2010
Le Secours Catholique s’est mobilisé de différentes façons, en appui à ses partenaires locaux, suite au séisme en Haïti :
Contribution financière au programme d’urgence (« Flash Appeal ») mis en œuvre conjointement par Caritas Haïti et Catholic Relief Service - CRS [1] - et coordonné par Caritas Internationalis (programme de 37,4 millions d’euros et 2,3 millions de bénéficiaires : aide alimentaire, aide médicale, distribution de bâches et de tentes, activités de « cash for work », installation de systèmes d’eau et d’assainissement) ;
Acheminement d’aide en nature depuis les départements d’outre-mer (Guadeloupe et Martinique) et dans le cadre d’une collaboration avec Aviation Sans Frontières ;
Mise à disposition de ressources humaines dans le cadre de l’équipe internationale détachée auprès de Caritas Haïti (composée de 20 personnes) ;
Renforcement des programmes de développement rural mis en œuvre par la Caritas diocésaine des Cayes suite à l’afflux des personnes déplacées ayant fui les zones sinistrées.
Les critères d’intervention dans le cadre de la reconstruction
Critères géographiques
La concentration de l’aide internationale à Port-au-Prince génère un phénomène d’exode rural et tend à renforcer le phénomène préexistant de centralisation. La reconstruction de la ville de Port-au-Prince est par ailleurs rendue difficile par l’absence de schéma directeur (cadastre et plan d’urbanisme), la lenteur des travaux de déblaiement et l’occupation des espaces publics par les populations sinistrées qui n’ont nulle part où aller.
Plus largement, le pays connaît une situation de crise économique et politique à l’échelle nationale. L’effort de reconstruction doit donc intégrer l’ensemble des besoins de la population haïtienne, s’inscrire dans la durée et reposer sur une « démarche [globale] de développement dans les territoires urbains et ruraux fragilisés, en partenariat avec les acteurs sociaux et ecclésiaux du territoire » [2].
Dans le cadre de l’intervention du Secours Catholique dans le contexte de reconstruction en Haïti, nous proposons en conséquence de « repérer les pauvretés cachées et [de] porter une attention particulière aux besoins non couverts des personnes, publics et territoires les plus marginalisés ou isolés » [3]. Dans ce sens, notre intervention concernera en priorité :
Les zones urbaines marginalisées qui ont été durement touchées par le séisme, en particulier les quartiers populaires de Port-au-Prince et de sa périphérie (Cité Soleil, Carrefour, Martissant, Delmas, Gressier…) ;
Les zones rurales isolées qui ont été directement affectées par le séisme (Cap Rouge, Delatte, Gressier…) ;
Les zones rurales marginalisées qui ont accueilli des personnes déplacées, ont subi l’impact économique et social de la destruction de la capitale et qui, du fait de leur isolement, sont plus vulnérables à l’épidémie de choléra (départements du Sud, de Grande-Anse, de l’Artibonite…).
Critères sectoriels
Au lendemain du séisme, le Secours Catholique a décidé de s’engager de façon prioritaire dans les domaines de l’éducation, de la reconstruction de logements et d’infrastructures sociales et du développement agricole. Face à l’épidémie de choléra qui concerne désormais tout le territoire national, il a été décidé d’élargir cette intervention au domaine de la santé. Dans ce sens, l’intervention du Secours Catholique vise à promouvoir l’accès des populations les plus vulnérables aux services sociaux de base (éducation, santé, habitat, eau, alimentation…). Par ailleurs, le Secours Catholique travaillera à l’élaboration d’un plan de contingence visant à anticiper les nouvelles urgences qui seraient susceptibles de frapper Haïti. Cette stratégie d’intervention peut se décliner de la façon suivante :
Éducation :
Reconstruction d’infrastructures éducatives ;
Renforcement des structures d’encadrement et formation du corps enseignant ;
Promotion de l’accès à l’éducation par un accompagnement global des familles ;
Développement des activités de formation professionnelle.
Développement agricole :
Renforcement d’une agriculture durable et respectueuse de l’environnement ;
Développement de filières de commercialisation au niveau national et international ;
Formation, mise en réseau et partage d’expériences en vue du renforcement des organisations paysannes ;
À titre exceptionnel, distribution alimentaire dans le cadre de réponse à des crises ponctuelles entraînant la décapitalisation des exploitations agricoles.
Reconstruction de logements et d’infrastructures sociales :
Reconstruction de logements en accord avec les normes de construction parasismiques et anticycloniques et dans le respect des techniques de construction traditionnelles (notamment en milieu rural) ;
Soutien à des programmes d’habitat durable basés sur le respect de la dignité des personnes et la prise en compte des habitudes culturelles locales ;
Formation de compétences locales dans le domaine du bâtiment ;
Reconstruction d’infrastructures en vue du redéploiement des services sociaux de base et/ou favorisant le renforcement du tissu social et communautaire.
Santé :
Renforcement des activités de santé primaires et de l’accès aux soins en milieu rural ;
Activités de prévention pour lutter contre l’épidémie de choléra ;
Réhabilitation d’infrastructures sanitaires.







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