La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi, a été autorisée, mercredi à s’entretenir avec des représentants de missions diplomatiques thaïlandaise, singapourienne et russe, en marge de son procès à huis clos. Elle est jugée depuis le début de la semaine pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence. Elle avait hébergé, début mai, un citoyen américain, John Yettaw, ancien militaire de 53 ans et mormon, qui avait réussi à s’introduire clandestinement chez elle, en arrivant à la nage. Bien que clamant son innocence, l’opposante âgée de 63 ans, de santé fragile, a été transférée à la prison d’Insein, au nord de Rangoun. Une trentaine de diplomates étrangers ont été exceptionnellement autorisés mercredi à assister à son procès. Aung San Suu Kyi encourt une peine allant de trois à cinq ans de prison si elle est reconnue coupable, ce qui l’excluerait du paysage politique dans la perspective des élections prévues en 2010. Selon plusieurs pays occidentaux et les associations de défense des droits de l’homme, "l’affaire Yettaw" est un prétexte trouvé par la junte birmane pour prolonger la détention de l’opposante qui aurait dû prendre fin le 27 mai prochain. Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 2003, et a été privée de liberté pendant plus de 13 années sur les 19 dernières années. Neuf prix Nobel de la paix ont dénoncé, dans une lettre au secrétaire général de l’Onu, une "farce" et lancé un appel pour faire obtenir sa libération.
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