Limitée à l’est par le Rwanda et l’Ouganda, cette province est, depuis de nombreuses années, en proie aux violences (combats, viols, pillages) perpétrées par des groupes armés, rebelles ou gouvernementaux, qui se battent, entre autres, pour le contrôle des ressources minières. Une grande partie de la population a été contrainte de se réfugier dans les territoires voisins. Lorsqu’elles reviennent à Walikalé, les personnes déplacées manquent de tout et doivent tout reconstruire.
Depuis mai 2011, Caritas Goma, partenaire local du Secours Catholique, soutient avec l’appui de ce dernier ces déplacés de retour dans leurs villages. Ainsi, 5 000 ménages, soit 30 000 personnes, bénéficient d’un programme de réhabilitation des moyens de subsistance visant à la sécurité alimentaire. Financé par le ministère des Affaires étrangères et européennes, ce programme « donne aux déplacés de guerre de retour chez eux l’opportunité de travailler dans l’agriculture. Cela évite qu’ils ne soient exploités dans les mines par les groupes armés, qui ont la mainmise sur les ressources naturelles », rappelle notre logisticien sur place.
Les habitants produisent de nouveau les aliments de base
Le territoire de Walikalé, en raison de son climat équatorial (pluies toute l’année), de la richesse de son sol (permettant 2 à 3 récoltes par an) et de sa végétation, est une zone propice à l’agriculture.
Mais les agriculteurs ont tout perdu avec la guerre et n’ont plus les moyens financiers ni techniques pour vivre décemment et développer des cultures maraîchères et vivrières. Conséquences : plus de 50 % des ménages ne prennent qu’un repas à base de farine et de feuilles de manioc par jour et la situation nutritionnelle est déplorable (11,5 % de malnutrition aiguë). Caritas Goma et le Secours Catholique appuient les habitants sur 2 volets : la formation et la mise à disposition d’outils et semences agricoles.
Les personnes vulnérables qui le souhaitent peuvent suivre une formation de trois jours sur les cultures maraîchères et vivrières. Ils apprennent les méthodes et les techniques les plus efficaces pour augmenter les rendements. De cette façon, les habitants acquièrent une meilleure connaissance agropastorale et produisent de nouveau les aliments de base (pommes de terre, manioc, haricots, patates douces, ignames), des éléments nutritifs indispensables.
En plus de cette formation, les familles reçoivent des semences (arachides, maïs, haricots) récoltées généralement au bout de trois mois. Parallèlement, leur sont distribués des kits agricoles comprenant houes, haches, râteaux, arrosoirs, brouettes, et pulvérisateurs, pour travailler la terre. Piliers de la famille, les femmes, qui gèrent le foyer, produisent et vendent, sont particulièrement soutenues. « On les aide à se constituer en coopérative et elles reçoivent du matériel de transformation (moulins, presse à huile) », souligne le logisticien.
L’intérêt de ce programme de douze mois est de permettre aux ménages de reprendre leur activité agricole antérieure et, ainsi, de redevenir autosuffisants. Ils pourront alors nourrir leur famille au quotidien et augmenter leur revenu grâce à la vente de leurs produits sur les marchés locaux de Walikalé. Cette augmentation du revenu aidera les familles à avoir accès, plus facilement, à une alimentation adéquate et diversifiée et aux services sociaux de base tels que la santé ou l’éducation.







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