Malgré un environnement qui se dégrade et les violences auxquelles sont confrontées les communautés chrétiennes depuis 2003 (attaques d’églises, attentats, assassinats, enlèvements), Caritas Irak continue à répandre un message de paix et d’amour à travers ses nombreuses actions humanitaires.
En agissant auprès des plus vulnérables, quelle que soit leur origine communautaire, l’action de Caritas Irak est plus que jamais cruciale, à la fois comme signe de la vitalité des Églises dans ce pays mais aussi comme levier de réconciliation.
Le Secours Catholique a été présent auprès de Caritas Irak dès sa création en 1992, lorsque l’embargo a mis la population en grande difficulté. Outre les innombrables situations d’urgence auxquelles elle a été confrontée depuis, Caritas Irak a aussi mis en place des projets de développement et de sensibilisation et des programmes de paix et de réconciliation.
Parmi ceux-ci, le Secours Catholique soutient particulièrement depuis 2002 la mise en œuvre d’un programme nutritionnel pour les enfants et d’appui et de formation professionnelle auprès de jeunes mamans. Chaque année, ce sont 8 000 enfants en bas âge qui reçoivent des soins et des vaccins après que les équipes de Caritas Irak ont diagnostiqué les cas de malnutrition infantile. Les familles reçoivent aussi des colis alimentaires riches en protéines, vitamines et calories, colis qui viennent compléter les rations données par l’État qui s’avèrent insuffisantes sur le plan nutritif. Parallèlement, Caritas Irak accompagne 4 000 jeunes mères sur les plans sanitaire et socio-économique. Elles apprennent à équilibrer l’alimentation des repas et à entretenir des jardins en vue de mieux nourrir leur famille ; elles prennent aussi des cours d’alphabétisation, de couture ou d’informatique afin d’avoir un lieu de sociabilité, mais aussi une chance de trouver une activité professionnelle.
Le Secours Catholique est également engagé auprès de Caritas Irak dans l’appui à son programme de formation et de développement d’un réseau de bénévoles, lancé en 2005. Ce programme se situe dans un contexte de déstructuration de la société – et particulièrement de la jeunesse, de plus en plus marginalisée – qui pousse de nombreux jeunes à se tourner vers des activités illégales, voir à rejoindre des groupes violents. L’action de Caritas Irak est cruciale dans une perspective de prévention et dans le but de redonner confiance aux jeunes en les incitant à se rendre utiles auprès des plus pauvres et des « accidentés de la vie ». Le programme a rencontré un vif succès de la Commission de la jeunesse chrétienne et d’autres organisations de la société civile. Ce réseau de bénévoles est maintenant connu et apprécié pour son efficacité, à Bagdad et dans la région de Mossoul. Ils sont aujourd’hui 150 bénévoles qualifiés, plus 200 en formation, et 15 coordinateurs d’équipes.
En plus de son engagement auprès de Caritas Irak, le Secours Catholique a apporté un soutien exceptionnel à l’Archevêché syrien-catholique de Mossoul. Dans un contexte d’insécurité et de menaces continues envers les communautés chrétiennes, prises pour cible par des milices extrémistes, le projet offre aux étudiants chrétiens de la région de Mossoul, l’opportunité de poursuivre leurs études, en leur permettant, grâce à un système de bus sécurisé, de se rendre sur les lieux d’étude. Cependant, malgré les mesures de sécurité mises en place, le projet a dû être suspendu une première fois au cours de l’année scolaire 2007 en raison de l’enlèvement de 8 étudiants à Mossoul qui ont ensuite été libérés contre une importante rançon. Sur 1 200 étudiants, seulement 30 % ont pu alors continuer leurs études. Le projet a repris au début de novembre 2008, mais il a été interrompu de nouveau en mai 2010, après un attentat qui visait les bus et qui a fait 4 morts et 188 blessés. Les jeunes restent désormais à la maison (pas de déplacement en voiture à cause des risques de kidnapping).
Ce climat d’insécurité extrême a poussé de nombreux Irakiens, et parmi eux beaucoup de chrétiens, à l’exode. On estime que 2,2 millions d’Irakiens ont fui le pays depuis 2006. Malgré une amorce de retours, il restait encore plus de 600 000 réfugiés rien qu’en Jordanie, Syrie et Liban en décembre 2010.
En plus de son soutien à Caritas Irak, le Secours Catholique a appuyé de 2007 à 2010 le Centre des migrants au Liban ainsi que le bureau de Caritas Syrie à Alep afin d’assister 5 200 Irakiens qui avaient trouvé refuge dans ces deux pays (distribution alimentaire, chauffage, aide au logement).
Lors d’une conférence donnée à Paris en juillet 2008, Mgr Sleiman, le président de Caritas Irak, soulignait que la mission des chrétiens était de reconstruire : « Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour assumer cette mission de reconstruction. Mais il est sûrement nécessaire pour un chrétien de l’assumer. Si la Charité est le commandement divin principal qui définit un chrétien, et bien la Charité, depuis notamment le siècle dernier, dans la conscience chrétienne et dans la doctrine, s’appelle développement. Développer l’Irak, c’est le reconstruire ».
Caritas Irak a toujours insisté dans ses échanges avec le Secours Catholique sur l’importance de la solidarité manifestée par son réseau, par ses dons, mais aussi par les messages envoyés et son union de prière. Plus que jamais, les chrétiens persécutés du monde et d’Irak ont besoin de notre prière.






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