
- Crédit : Élodie Perriot/Secours Catholique
L’État offre à ces jeunes peu de structures d’hébergement et d’actions de prévention. Caritas Alexandrie, alertée par l’immobilisme des autorités à leur égard, tente d’infléchir leurs positions pour que les droits des enfants dans la société égyptienne soient enfin reconnus. Des éducateurs, assistants sociaux et infirmières constituent une équipe de nuit pour aller à leur rencontre, un numéro national d’appel téléphonique confié à Caritas permet de centraliser leurs SOS. À Alexandrie, l’organisation catholique soutient 2 000 enfants.
Accueillis ensuite en centre de jour et foyers de nuit, ces battants du pavé reçoivent des aides variées : nourriture, vêtements, soins médicaux, appui psychologique… Autre objectif – central – des animateurs : reconstruire le lien avec les familles, parfois distendu, voire disparu.
« Je nourris l’espoir d’un futur meilleur »
À Alexandrie, Leila partage la même galère que ses compagnons d’infortune. Elle raconte son combat pour en sortir. « J’ai 13 ans lorsque ma mère et son mari falsifient mon certificat de naissance pour que je puisse épouser un homme beaucoup plus âgé que moi. » Leila divorce après plusieurs mois de vie conjugale et retourne vivre chez sa mère. Mais les mauvais traitements infligés par son beau-père la poussent rapidement à se réfugier dans la rue.
Elle y fait la connaissance d’Aziz, un enfant des rues de 16 ans. Ils se marient. Leila est enceinte lorsqu’il est arrêté pour vol. Ne pouvant retourner vivre avec sa mère ou avec son père – ses revenus sont trop modestes –, Leila frappe à la porte du centre Caritas de réhabilitation et d’orientation pour filles. Celui-ci la dirige vers une maison d’accueil qui la prend en charge jusqu’à l’accouchement.
À présent, cette jeune mère, toujours épaulée par Caritas, vit dans un foyer spécialisé. L’association catholique a obtenu un certificat de naissance pour son enfant et le droit pour elle d’aller rendre visite à Aziz en prison. « Je nourris maintenant l’espoir d’un futur meilleur pour mon enfant et pour moi », se réjouit Leila.










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