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Scolarisation, droit de vote, accès aux soins, travail, conditions de vie dignes... certaines populations seraient-elles privées de leurs droits fondamentaux sous prétexte d’une culture et d’un mode de vie différents ?
Le Secours Catholique est attentif à l’accueil des gens du voyage et des Roms, « voyageurs » de nationalité française ou issus des pays d’Europe centrale. L’accompagnement de ces populations méconnues, entourées de nombreux préjugés est réalisé dans le principe d’acceptation entière de la personne, dans le respect de leur culture : mobilité, importance des liens familiaux, absence de thésaurisation, sens du sacré. L’association déploie des équipes pour l’aide aux démarches administratives, d’insertion et de recherche d’emploi, pour l’accompagnement scolaire et l’alphabétisation... Elle cherche à promouvoir une image positive de ces populations, le plus souvent pénalisées par des préjugés tenaces.
L’entrée dans l’Union européenne, au 1er janvier 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie a modifié de manière conséquente la situation des Roms issus de ces deux pays. Devenus citoyens de l’Union européenne, ces Roms bénéficient désormais de conditions de séjour plus favorables : ils peuvent entrer en France sans passeport ni visa et y séjourner librement pour une durée de trois mois. Au-delà, ils doivent justifier d’un emploi inscrit sur une liste de cent cinquante métiers pour prétendre demeurer sur le territoire, et déposer pour cela un dossier auprès de la Direction départementale du travail et de l’emploi, complété par une démarche auprès de la préfecture. Ce processus est complexe, pour les personnes, pour les employeurs, et le délai de traitement des dossiers est d’environ trois mois. Les équipes du Secours Catholique accompagnent ces démarches administratives et proposent des activités qui facilitent l’intégration : apprentissage du français, aide à la recherche d’emploi...
Les expulsions des familles de voyageurs des terrains de stationnement rendent plus difficile leur accompagnement. Pourtant les municipalités de plus de 5 000 habitants ont obligation de mettre à disposition des aires d’accueil. Seulement 20 % des communes respectent cette exigence.
Une dizaine de communes ont mis en place des plates-formes d’accueil des familles de voyageurs, avec le concours des services sociaux et des associations.
Le Secours Catholique cherche à promouvoir ce type d’initiative, mais la tâche est ardue : un maire se rend rarement populaire en facilitant l’accueil des gens du voyage. Pour les populations qui souhaitent devenir sédentaires ou semi-sédentaires, la situation est également complexe. Elles achètent parfois de petits terrains sur des zones non constructibles et/ou inondables. La difficulté consiste alors à obtenir les autorisations pour faire venir l’eau courante et l’électricité. Par ailleurs, les achats en zone constructible sont fréquemment refusés par les populations locales, en raison des clichés véhiculés sur les gens du voyage, clichés que le Secours Catholique cherche à faire évoluer.