
- Crédit : Elodie Perriot / Secours Catholique
Les sans-abri sont de plus en plus nombreux. Ils sont aujourd’hui près de 100 000 en France. Des hommes de tout âge, mais aussi des femmes et leurs enfants, et des jeunes en rupture familiale…
Pour eux, la rue n’est pas un choix, mais le résultat d’une accumulation d’accidents de la vie (éclatement familial, emploi précaire, chômage, problème de logement…). Les plus fragiles, surtout en ces temps de crise, sont fatalement entraînés vers l’exclusion et la précarité.
Nous n’avons pas vocation à nous substituer ni aux politiques, ni aux aides accordées par l’État. Notre devoir est d’aller au secours des personnes les plus démunies et isolées. Chaque individu, quelle que soit son histoire et quelle que soit sa situation doit être regardé et écouté comme une personne unique. Il s’agit pour nous de repérer les souffrances, d’en identifier les causes et d’y apporter une réponse durable et efficace.
Cet hiver, parmi les personnes sans domicile, le froid a déjà fait plusieurs victimes. Les équipes du Secours Catholique sont sur le qui-vive et se relaient pour accueillir toutes les personnes qui viennent frapper à nos portes. Partout en France, près de 150 accueils de jour, des milliers de personnes peuvent ainsi trouver auprès de nos bénévoles un peu de réconfort, et, dans la mesure du possible, un repas chaud, une douche pour rester propre, de quoi laver leur linge et une adresse où recevoir du courrier.
C’est alors l’occasion pour nous de leur proposer un hébergement pour la nuit, dans un hôtel ou dans l’un de nos 120 accueils de nuit.
Mais notre mission consiste aussi à aller à la rencontre de ceux qui ont perdu tout contact avec la société, qui ne peuvent accéder aux centres d’hébergement saturés. Ils tentent de survivre, là où ils ont élu domicile, loin des regards : le porche d’un immeuble, une tente, un cabanon désaffecté…
Auprès de ces exclus, notre démarche est toujours la même, d’abord proposer un café, une boisson chaude, une soupe… Cela peut paraître banal, mais c’est un premier geste de convivialité sociale qui invite au dialogue, au partage et, s’ils le souhaitent, aux confidences. C’est une main tendue à ceux qui n’ont plus confiance en rien ni en personne, pour les accompagner vers un hébergement temporaire, et à plus long terme vers la vie sociale.
En 2009, sur 637 200 situations rencontrées (soit environ 1 480 000 personnes dont 682 000 enfants), 10,2 % vivent en centre d’hébergement ou abri de fortune (squat, cabane, tente…).
« Un café chaud, servi au moment où le froid gelait mes veines, ça ne s’oublie pas ! »
« Je m’appelle Maurice et j’ai 53 ans. Je suis SDF depuis 2 ans. La vraie galère, c’est de trouver chaque jour un toit pour la nuit. Pour me nourrir au début, je faisais les poubelles. Ensuite, j’ai connu les foyers le soir, rentrée à 19 heures et le matin, sortie à 9 heures. La journée dans la rue et le soir les bagarres…
Et puis, j’ai rencontré un bénévole du Secours Catholique. Il venait distribuer des couvertures et des boissons chaudes. Un café bien chaud, servi au moment où le froid gelait mes veines, ça ne s’oublie pas ! Nous avons beaucoup discuté et grâce à lui, j’ai pu rentrer dans un centre d’accueil du Secours Catholique. J’y ai reçu un accueil d’amour et d’amitié autant de la part de l’encadrement que des autres résidants. J’ai compris que je n’étais pas complètement isolé et que tout n’était pas perdu. J’ai trouvé auprès d’eux tous une solidarité que je n’espérais plus, des rapports humains auxquels je ne croyais plus, mais surtout des marques de confiance et de respect qui me permettent aujourd’hui d’aller beaucoup mieux. J’ai pu entamer des démarches pour trouver un hébergement plus stable. Une chose est sûre, je ne veux plus jamais connaître la galère de la rue. »
Témoignage de Maurice










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