En 2009, 115 détenus se sont suicidés en prison, contre 109 en 2008, a annoncé la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le 18 janvier. Ce chiffre passe à 122 pour 2009 et 115 en 2008, avec les suicides de personnes en semi-liberté, en permission de sortie, en hospitalisation ou sous bracelet électronique.
La Garde des Sceaux a toutefois noté une diminution du nombre de suicides sur les cinq derniers mois de l’année (31) par rapport au sept premiers mois (84). Elle a attribué cette “baisse“ à l’effet positif des mesures de prévention prises l’été dernier (généralisation des ‘kits de protection“, matelas anti-feu, draps indéchirables, pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons).
Défenseur des droits des détenus, l’Observatoire international des prisons (OIP) a dénoncé la hausse du nombre de suicides, estimant qu’ « on est revenus cinq ans en arrière. » L’association reproche à l’Etat de ne se « concentrer que sur des dispositifs visant à empêcher matériellement la personne de mettre fin à ses jours, et aussi à prévoir les comportements dits à risques, grâce à des grilles, des logiciels de suivi comportementaux, a expliqué Stéphanie Dijan, déléguée nationale adjointe de l’OIP, à l’AFP. Mais la politique ne s’attelle toujours pas à traiter la détresse des personnes détenues. »
L’acssociation Ban Public, spécialisée dans la communication sur les prisons et l’incarcération en Europe, estime qu’il faut ajouter au chiffre de 108 suicides connus et attestés en détention, et à celui de 7 suicides attestés hors détention, le chiffre de 24 morts suspectes, pour lesquelles les circonstances du décès sont loin d’être clarifiées.
Michèle Alliot-Marie a confié à Pierre Botton une mission visant à améliorer les conditions de détention des primo délinquants. L’ancien homme d’affaires avait passé 20 mois en prison pour abus de biens sociaux, au milieu des années 1990. Son dispositif, qui sera expérimenté à la maison d’arrêt de Nanterre, vise à améliorer l’accueil des personnes qui arrivent en prison pour la première fois et à faciliter leur « compréhension de la peine ».










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