
- Crédit : Antoine Manichon / Secours Catholique
La nouvelle loi pénitentiaire prévoit, certes, une petite ouverture, insuffisante au regard de la règle pénitentiaire européenne n° 50, qui préconise de « donner la possibilité aux personnes détenues de discuter ensemble de questions relatives à leurs conditions et d’en faire part aux autorités pénitentiaires ». Pour les dizaines de milliers de personnes prévenues ou condamnées qui se trouvent actuellement derrière les barreaux, cette absence de prise de parole mène parfois à des conflits très violents. Une bonne partie de ces incidents auraient pu être évités si des espaces de parole avaient été aménagés. Le Secours Catholique est particulièrement attentif à toute initiative fondée sur la paix et favorisant le « mieux vivre ensemble ».
Pourtant, des formes de consultation institutionnalisée existent déjà au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne… De fait, il s’établit toujours une forme de dialogue entre les personnes incarcérées et le personnel pénitentiaire. Alors pourquoi ne pas aller plus loin en proposant des espaces d’expression au sein desquels chacun des acteurs du monde carcéral, à commencer par les personnes détenues, pourrait participer de manière responsable et y être entendu ?
Convaincus qu’une liberté d’expression constructive et respectueuse constitue le fondement de toute société démocratique, les Groupes locaux de concertation prison (GLCP) s’efforceront, durant la quatrième semaine du mois de novembre, partout en France, de placer au cœur du débat public ce qui retient encore prisonnière la parole des hommes, des femmes et des enfants incarcérés et de leurs familles. La prison resterait-elle donc la dernière grande muette ?
Signataires : ANVP – Aumôneries catholique, protestante et musulmane – CIMADE - Croix-Rouge française – FARAPEJ – FNARS – GENEPI – Secours Catholique – UFRAMA










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